Marc Sangnier,
Autrefois...
(1937)
“ Comme cela se faisait alors aisément, sans douleur, normalement. Une des angoisses de la mort, c'est que celui qui part s'en va tout seul : il s'arrache des autres qui restent. Là-bas, sur le front, il y avait de grandes vagues qui transportaient en foule les hommes sur l'autre rive ; l'exception, c'était presque de survivre. La guerre m'a pris l'un après l'autre ceux que j'aimais le plus et ma mère enfin, victime de son dévouement aux blessés, ma mère qui avait porté dans son cœur et en quelque sorte vécu tout notre rêve avant même que je vinsse au monde. ”
