Marthe Bertin

Résumé

Marthe Bertin Voyage au pays des défauts (1887)

« On est heureux lorsqu'on est en paix avec sa conscience. »
Pierre sourit.
« C'est vrai! dit-il; avec mes réflexions je deviens un second M. Prudhomme.
« Es-tu contente, Suzanne?
» N'importe! continua-t-il en revenant à ses idées, c'est très sérieux la conscience!
— Tu as raison, dit tante Laure, mais tu te poses là de grosses questions. Ce que nous appelons conscience, c'est la notion du bien et du mal que Dieu a mise en nous. Marc, qui fait assez bon marché de la sienne pour l'offrir en cadeau, serait bien puni si on le prenait au mot; que deviendrais-tu, si tu perdais ta conscience?
Source : Gallica

Marthe Bertin Voyage au pays des défauts (1887)

Ah ! dit tante Laure d'un air incrédule. Eh bien !
je crois, moi, savoir pourquoi.
« C'est que, dans le royaume de la musarderie, tu serais le roi des musards! Voilà un pays où les choses vont de travers. C'est la patrie des gens inexacts, des devoirs mal remplis, des objets perdus. Fénelon a dit : « On ne perd pas seulement son temps en ne faisant rien, mais encore en faisant autre chose que ce que l'on devrait, quoique ce que l'on fait soit bon. » Ce qui veut dire : « L'emploi du temps doit être réglé; c'est le seul moyen de n'en pas perdre. »
Source : Gallica

Marthe Bertin Voyage au pays des défauts (1887)

Elle a très bien compris! s'écria Suzanne en riant; tante Laure nous connaît si bien qu'elle peut être en effet une conscience générale pour nous tous ! »
Tante Laure embrassa la petite fille.
« Si je vous ai appris à vous corriger, dit-elle doucement, notre voyage est fini ! Mais rappelez-vous que je vous ai dit le moyen seulement. Je vous ai donné « des systèmes, » reprit-elle en souriant; le meilleur de tous, c'est d'écouter la petite voix que vous savez et de lui obéir toujours; mais pour cela il faut que vous le vouliez de tout votre coeur.
Source : Gallica

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