Cécile Bastien

Résumé

Cécile Bastien Le rêve de Petit Pierre

Une vingtaine d’amis de la grande Ville se payaient une excursion champêtre. Et petit Pierre, émerveillé, regardait étonné les grands chapeaux à plumes et les joues fardées des belles dames, les souliers vernis et pointus de ces messieurs, quand soudain son père le tira vers un homme qui, la main en visière sur les yeux, semblait chercher quelqu’un dans la foule.
En voyant le fermier, l’étranger s’avance et lui demande avec un fort accent anglais : Êtes-vous Monsieur Joseph Leblanc ?
— Et vous, Antoine ? dit le fermier, tendant ses deux mains dans un élan spontané.
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Cécile Bastien Le rêve de Petit Pierre

Freddy alla s’abattre tout d’une course au pied d’un cerisier, en tirant petit Pierre par son gilet, ce qui les fit rouler à terre tous les deux pêle-mêle.
Fous d’une joie mal contenue, ils se donnèrent spontanément une franche accolade qui consola amplement Pierrot de sa déception de l’après-midi.
Derrière la « sucrerie » le soleil se couchait, enflammant d’une ligne d’or rouge la cime onduleuse des érables. À droite, les champs s’agitaient sous la brise, et, là-bas, sur le coteau, dans le vert pâturage, une vache poussait par intervalles, un beuglement de bête repue.
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Cécile Bastien Le rêve de Petit Pierre

Oui, dit Antoine, je dois avoir terriblement vieilli. Mais toi, mon aîné, tu parais avoir dix ans de moins que moi. En te voyant, je t’ai reconnu tout de suite, va. Comment peut-on vieillir avec ce bon air qui vous réjouit le cœur, dit-il en humant avec force et en promenant son regard au loin. Et, tout en parlant, il montra, d’un geste large, l’étendue de la vaste plaine.
Le fermier garda le silence : il songeait avec bonheur que l’amour de la terre n’était pas encore éteint dans le cœur de son frère, et, sans rien approfondir, il ajouta en indiquant la voiture : montons.
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