Pierre Gourdon

Résumé

Pierre Gourdon L'invincible espérance (1952)

Bernadette n'avait pas, tout d'abord, deviné quel était le motif de la tristesse de Claude. Maintenant, elle le connaissait.
Pour cela, il lui avait suffi de voir plusieurs fois Claude et Rosine ensemble, d'observer l'empressement du jeune homme, de noter l'accueil que lui réservait l'indifférence de la belle dédaigneuse. L'intuition de son cœur aimant lui avait révélé ce qu'il devait souffrir. Ce n'était pas sur elle-même, c'était sur Claude qu'elle pleurait.
Il est des âmes faites par Dieu compatissantes, et qui, même en s'étant données, continuent d'ignorer l'égoïsme de l'amour.
Source : Gallica

Pierre Gourdon L'invincible espérance (1952)

Certainement, M. Evariste Aubert, son jardinier Baptiste et sa cuisinière Pélagie servaient à Claude Lemonnier de repoussoirs. Il n'en était pas moins vrai que Bernadette éprouvait pour le neveu de son tuteur l'une de ces sympathies spontanées, dont la valeur est dans cette spontanéité même et qui sont parfois plus profondes, partant plus durables, que des sentiments raisonnés et lentement éclos. Mystérieux attrait de certaines âmes candides qui n'ont pas besoin de calcul pour aimer. Tout naturellement elles s'ouvrent à cette joie, comme aux caresses du soleil s'ouvre la corolle d'une fleur.
Source : Gallica

Pierre Gourdon L'invincible espérance (1952)

Pour M. Evariste Aubert, comme pour beaucoup de gens, le mariage était une affaire. S'il ne s'était pas marié, c'était parce qu'il n'avait jamais trouvé un parti assez avantageux. Le bonheur de fonder un foyer, l'union des cœurs, la perspective d'une belle couronne d'enfants charmant sa vie, consolant sa vieillesse, rien de tout cela ne lui avait souri. Il s'était entêté dans cet égoïste calcul : une femme est un luxe inutile, quand elle n'apporte pas, au moins, de quoi doubler le capital que l'on possède.
Source : Gallica

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