Résumé

René Lavollée Les continuateurs de M. de Tocqueville… (1874)

Si le père lui-même parle avec tant d'autorité, c'est qu'il se sent en présence de Dieu, qu'il a la conscience d'agir sous son oeil et comme son représentant. Le sentiment religieux le plus profond et le plus élevé est le lien de tous les enfants dans une même famille, de toutes les familles dans une même ville. Seul, il sert de sauvegarde contre le despotisme local et contre les abus d'autorité paternelle; seul, il est le frein de tous les pouvoirs, la garantie de toutes les faiblesses. Il est comme la substance commune des livres de raison consultés par M. de Ribbe.
Source : Gallica

René Lavollée Les continuateurs de M. de Tocqueville… (1874)

Au milieu des convulsions horribles de la Révolution, jusquesous le coup de la Terreur, elle vivait encore des idées, des passions, des illusions du dix-huitième siècle: en s'enivrant de victoires, elle s'imaginait combattre pour l'affranchissement du genre humain; elle était soutenue par la crainte et la haine de l'ancien régime, si récemment aboli et si menaçant encore. Au lendemain de Waterloo, elle attendait tout de l'introduction des institutions anglaises parmi nous; en 1850, du parlementarisme et de la politique des intérêts; en 1848, de l'alliance de la religion et de la liberté.
Source : Gallica

René Lavollée Les continuateurs de M. de Tocqueville… (1874)

La France pourrait être comparée à ces fils de famille qui, après avoir couru le monde et jeté au vent leur patrimoine, reviennent au pays natal et ne savent plus y reconnaître les limites de l'héritage paternel, ni même y retrouver la trace des hauts faits de leurs aïeux. Elle ressemble plus encore à ces hommes dont une maladie violente ou une grande douleur a, pour ainsi dire, partagé la vie en deux, et qui, sortis de la crise, ont tellement oublié leur existence passée, qu'il faut la leur raconter et la leur apprendre comme l'histoire d'autrui.
Source : Gallica

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