Eugène Welvert

Résumé

Eugène Welvert Revue des Deux Mondes

Proscrit, condamné pour un acte de dévouement envers ma patrie, la Providence, sans me faire quitter Paris, me retint emprisonné dans une retraite isolée, où, n’apercevant en arrière que mon échafaud dressé, devant moi que le soleil, la nuit et la nature, n’ayant plus d’autre intérêt ici-bas que de réfléchir sur Dieu, sur mon âme, sur la religion, je me livrai tout entier à une méditation sur les objets métaphysiques et religieux, qui dura seize mois pendant quinze heures par jour, et certes on ne réfléchit jamais plus profondément qu’au pied de l’échafaud !
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Eugène Welvert Revue des Deux Mondes

Mais en vit-on un seul s’en aller, comme on assure qu’Isnard le fit, et plusieurs fois, au jour anniversaire de la mort de Louis XVI, en plein midi, sur la place de la Concorde, se prosterner, à la vue de tous les passans, mouiller de ses larmes la terre qu’avait rougie le sang du roi martyr, faire amenda honorable de ce qu’il appelait son crime, et implorer à haute voix le pardon de Dieu et des hommes ?
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Eugène Welvert Revue des Deux Mondes

Il appartenait à cette grande foule anonyme du Tiers État, qui, surtout dans le Midi et plus particulièrement en Provence, s’agitait, se travaillait, et fit la Révolution. Né à Grasse, « la gueuse parfumée [2] , » sur les dernières pentes d’une colline fouettée par le mistral, rôtie par le soleil, toute vibrante de cigales, tout odorante de mille effluves, à trois lieues et en face de la grande mer d’azur, on devine sans peine quelle influence ce sol dut avoir sur sa parole violente, enflammée, aux images grandioses et imprévues.
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