Réginald Kann

Résumé

Réginald Kann La Revue de Paris

Les Marocains s’avouent difficilement vaincus ; pour qu’ils acceptent l’idée de la défaite, il ne suffit pas que l’adversaire remporte des succès tactiques, amenant des résultats partiels. La perte d’une position ou du champ de bataille, la déroute même ne les décourage pas. Il faut que le désastre se manifeste par des résultats tangibles et concrets : pertes d’hommes ou de biens.
Dans un voyage qui m’a conduit, il y a quatre ans, à travers les montagnes qui s’étendent au nord de Taza, j’ai pu juger, par mes propres yeux, de la manière dont les tribus marocaines jugent l’issue d’un combat.
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Réginald Kann La Revue de Paris

Si nous avions, au contraire, châtié sur-le-champ, par une offensive à petite envergure, mais rapide et vigoureuse, les Chaouïa responsables du massacre et du pillage, la pacification locale était assurée, notre prestige restauré, en un mot, la question résolue. On pouvait rapatrier aussitôt la plus grande partie du corps expéditionnaire et ne laisser à Casablanca que quatre compagnies et quelques pièces, pour couvrir l’organisation de la police franco-espagnole, conformément aux stipulations d’Algésiras.
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Réginald Kann La Revue de Paris

Les erreurs que nous venons de signaler proviennent uniquement de la circonspection excessive du commandement. Comment expliquer, alors qu’on devait désirer voir les Marocains s’approcher le plus possible en masse, qu’on ait placé l’artillerie en première ligne, avec le carré d’amorce, et qu’on lui ait fait ouvrir le feu aux grandes distances dès qu’on apercevait quelques cavaliers isolés ? N’eût-il pas mieux valu réunir des pièces sous la protection d’un soutien et ne leur permettre de tirer que lorsque l’ennemi eût été encouragé à se grouper ?
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