Résumé

Stanislas Constant La Druidesse, Winona et autres poésies

Noble et belle Camma, revis-tu prophétesse ?
C’est ton cœur, ô Camma, ton âme, druidesse !
C’est la vierge de Sène ; et ta fille, c’est toi.
Parle, chêne sacré : sous ton ombre et ta loi
A-t-il donc reparu, le barde vénérable ?
Du grand Hu le divin, est-ce l’art inspiré ?
Oui, Vénètes, c’est lui, l’oracle vénéré :
C’est lui ! C’est son enfant, Bélisana la Belle !
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Qu’il lui sied bien au soir le nom dont on l’appelle !
N’est-elle pas sur l’onde un symbole vivant
De l’astre aux doux rayons sur la nuit se levant ?
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Stanislas Constant La Druidesse, Winona et autres poésies

Salut ! sous ton armure, Héol aux cheveux d’or !
Aussi comme une amante épuisant son trésor,
La reine de l’azur semble, à force de gloire,
Tenter sur le héros d’assurer sa victoire ;
Et je comprends la sienne, ô fille de Camma,
Sur ton cœur généreux qui le vit et l’aima !
Comme toi brave et beau, c’est aussi l’homme sage ;
N’est-ce pas le guerrier choisi pour ton message ?
Parle ; Lez-Breiz écoute, et l’air sera discret :
L’esprit de Gavr-Ynys veille sur ton secret ;
Et la plaine du Mor, contre toute surprise
Retiendra les échos sous l’aile de sa brise !
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Stanislas Constant La Druidesse, Winona et autres poésies

La fille de Camma dit, gagne le rivage,
Pousse à l’eau son esquif et vogue vers la plage...
Mais à peine la rame active son effort,
Qu’un regard vigilant, sur la nappe qui dort,
Découvre à l’horizon l’ombre d’une nacelle.
O prêtresse d’Esus, serait-ce là-bas celle
Que la Gauloise cherche et que l’amante attend ?
La druidesse, pâle, hésite : est-ce l’instant,
L’instant où le malheur va confirmer sa crainte ?
Ou l’instant du triomphe ? Elle se sent atteinte
Jusqu’au fond de son âme, en proie à la terreur ;
Mais voici l’autre esquif ! Son sang s’arrête au cœur.
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