Résumé

Portrait de Sully Prudhomme Sully Prudhomme Œuvres de Sully Prudhomme/Poésies 1878-1879

La nature n’est plus la nourrice au grand cœur ;
Elle n’est plus la mère auguste et bénévole,
Aimant à propager la grâce et la vigueur,
Celle qui lui semblait compatir à la peine,
Fêter la joie, en qui l’homme avait cru sentir
Une âme l’écouter, divinement humaine,
Et des voix lui parler, trop simples pour mentir.
Il apprend que sa face, ou riante ou chagrine,
N’est qu’un spectre menteur ; tendre fils il apprend
Qu’elle offre sans tendresse à ses fils, sa poitrine
Et berce leur sommeil d’un pied indifférent
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Portrait de Sully Prudhomme Sully Prudhomme Œuvres de Sully Prudhomme/Poésies 1878-1879

Qu’un refus du vouloir barre même au Destin.
Nul mineur n’y pénètre avec sa lampe en main,
Aucun n’a sous la terre affronté de nuit pire ;
Dante, qui des enfers a descendu la spire,
N’a pu qu’interroger les âmes en chemin.
Jour levant, ô Science, ô Conscience, étoile !
Que, par vous révélé, tout l’homme se dévoile
Aux yeux de la Justice à peine dessillés !
Seuls flambeaux de la Loi, dissipez l’ombre en elle,
Dans l’esprit qui la guide en même temps brillez,
Et guidez pour l’écrire une main fraternelle.
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Portrait de Sully Prudhomme Sully Prudhomme Œuvres de Sully Prudhomme/Poésies 1878-1879

Ces maux, que je nommais injustes, sont peut-être,
Non les caprices fous ou coupables d’un maître,
Mais de fatals moyens, seules conditions
D’un ordre qui nous passe ou que nous oublions.
Sans doute à nos souhaits se refuse la terre,
Comme un cercle adjuré d’être un quadrilatère ;
Ce qu’elle nie aux vœux, sa loi le lui défend.
L’injustice du sort est un grief d’enfant
Qui, malade, abhorrant la cuillerée amère,
La déclare nuisible et s’en prend à sa mère.
La douleur et la mort, sans doute il les fallait,
Pour que l’homme devînt le demi-dieu qu’il est !
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