Résumé

Portrait de Villemain Villemain Une conversation sous l’Empire

Le maréchal, avec ses cheveux courts et noirs, ses yeux d’une vivacité singulière, son teint bruni par le hâle, son agilité gracieuse, son visage souriant, avait, même pour des élèves de lycée, l’air d’un homme de trente ans. « Comme il est jeune, me dit tout bas Aréna, et déjà maréchal de l’empire ! et tant de batailles, et Lisbonne et Saragosse ! O mon Dieu ! »
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Portrait de Villemain Villemain Une conversation sous l’Empire

On peut rencontrer Pultava partout ; mais ce qui est presque aussi funeste, c’est d’avoir non pas des armées à vaincre, mais un peuple à subjuguer, d’avoir à lutter contre le désespoir. » Là, le maréchal, dans quelques paroles graves et douloureuses, parut comme poursuivi du souvenir si récent de Saragosse en feu. « Quelle guerre ! dit-il, quels hommes ! Un siège dans chaque rue, une mine sous chaque maison. Être contraint à tuer tant de braves gens, ou même tant de furieux ! Cette guerre est horrible. Je l’ai écrit à l’empereur ; la victoire fait peine. »
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Portrait de Villemain Villemain Une conversation sous l’Empire

Pauvre Aréna ! je vais tâcher de le faire admettre comme officier d’ordonnance près du maréchal, bien que ce soit, ma foi ! le poste le plus périlleux. Aréna en est digne, et ce poste, il se le ferait à lui-même partout ; mais il ne faut pas juger, sur quelques âmes de cette trempe, l’état des esprits en France et le contre-coup de nos guerres. Pour un jeune homme romanesque et brave comme Aréna, que de paysans, braves aussi, sont traînés avec désespoir à la conscription, et s’en échappent comme ils peuvent !
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