Résumé

Émile Montégut Les Petits Secrets du Cœur

La nature, en mettant dans le cœur de l’homme le sentiment de l’amitié, avait voulu qu’il pût prendre plaisir à contempler dans son semblable cette chimie morale dont les combinaisons fatales le faisaient si cruellement souffrir. Dame nature, ne voulant pas être calomniée, avait donné à l’homme dans le sentiment de l’amitié le moyen de contempler avec calme et bienveillance, sans dégoût et sans fureur, les opérations souvent douloureuses, le plus souvent nauséabondes, mais toujours nécessaires auxquelles elle se livre.
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Émile Montégut Les Petits Secrets du Cœur

Si l’humilité a fait taire en vous la voix de l’orgueil, vous aimerez à vous abaisser, j’en suis sûr, et à vous trouver une sorte de fraternité avec ce misérable; vous vous avouerez noblement que, pour être plus belles et plus grandes, plus dignes de désir et d’envie, les choses que vous avez poursuivies, possédées et regrettées, n’étaient pas moins fragiles, pas moins périssables que les choses infectes et grotesques auxquelles il bornait son ambition. Ne ris pas de cette conversion, toi surtout que je connais si bien, jeune homme au cœur empoisonné d’orgueil et gonflé de passion.
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Émile Montégut Les Petits Secrets du Cœur

L’amitié, contrairement à l’amour, n’avait donc tout son charme et tout son prix que lorsque les âmes s’étaient pénétrées, et qu’elles connaissaient à fond tous leurs secrets. Comme c’est le seul de nos sentimens qui ne naisse pas de l’illusion, le seul qui nous soit conseillé et non imposé par la nature, la connaissance des vices, des travers et même des défauts de ceux qui nous l’ont une fois inspiré ne lui nuit en rien.
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