Étienne de Blois

Résumé

Étienne de Blois Traité des bombardements (1848)

L'expérience de tous les temps et tous les lieux prouve que presque toujours le soldat irrité par les obstacles qu'il a surmontés, échauffé par le sang qu'il a vu couler sur la brèche, devient sourd à la voix de ses chefs et se précipite sur la ville comme sur une proie. C'est bien alors que l'on peut dire : malheur aux vaincus !
Toute place qui s'est rendue à la suite d'un bombardement n'a rien à craindre de semblable : une attaque de ce genre faite dans le but d'accélérer la capitulation, n'est donc pas un si grand acte de barbarie.
Source : Gallica

Étienne de Blois Traité des bombardements (1848)

Le but de l'assiégeant n'est pas de semer la discorde dans la population, mais bien de la faire s'insurger comme un seul homme contre les défenseurs de la place, et de donner des chefs à la multitude. Si les instances des riches n'ont rien pu sur le gouverneur, la popularité que leurs démarches leur auront procurée, sera profitable à l'ennemi. Ils soulèveront les masses, se mettront à leur tête; et s'ils ne peuvent séduire en tout ou en partie la garnison fatiguée elle-même de recevoir des bombes, ils finiront par la dominer et s'emparer des portes qu'ils ouvriront aux vainqueurs.
Source : Gallica

Étienne de Blois Traité des bombardements (1848)

L'assiégeant tire au hasard ; il ne choisit pas ses victimes , c'est la providence qui les soumet à ses coups. S'il brûle, s'il écrase, ce n'est ni par cruauté ni par vengeance ; c'est pour mettre la population tout entière et même, peut-être, une partie de la garnison dans ses intérêts : c'est pour se donner des alliés bien actifs et bien dévoués dans la ville. La résistance est généralement de si peu de durée, que l'on peut affirmer que
ce système d'attaque économise le sang humain, et produit beaucoup plus d'épouvante que de mal.
Source : Gallica

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