“ « Mon oncle Reed est dans le ciel, continuai-je ; il voit ce que vous faites et ce que vous pensez, et mon père et ma mère aussi ; ils savent que vous m’enfermez tout le jour, et que vous souhaitez ma mort. » Mme Reed se fut bientôt remise ; elle me secoua violemment, et, après m’avoir donné un soufflet, elle partit sans ajouter un seul mot. Bessie y suppléa par un sermon d’une heure ; elle me prouva clairement que j’étais l’enfant la plus méchante et la plus abandonnée qui eût habité sous un toit. ”
Mme Reed
Définition et enjeux
Citations sur “Mme Reed”
“ Je demande à Dieu que Mme Fairfax ne soit pas une seconde Mme Reed. En tout cas, je ne suis pas forcée de rester avec elle. Si les choses vont trop mal, je pourrai chercher une autre place. Mais où en sommes-nous de notre chemin? ”
“ J’avais pris sa main qui pendait hors du lit, et si à ce moment elle eût affectueusement pressé la mienne, j’en aurais été heureuse ; mais les natures froides ne sont pas si facilement adoucies, ni les antipathies naturelles si vite détruites : Mme Reed retira sa main, et, éloignant son visage de moi, elle dit que la nuit était bien chaude. Elle me regarda froidement : à ce regard, je compris aussitôt que son opinion sur moi et ses sentiments à mon égard n’étaient pas changés et ne changeraient jamais. ”
“ Je sens que si j’avais été une enfant brillante, sans soin, exigeante, belle, folâtre, Mme Reed m’eût supportée plus volontiers, bien que je me fusse également trouvée sous sa dépendance et privée d’amis. Ses enfants m’eussent témoigné un peu plus de cette cordialité qui existe ordinairement entre compagnons de jeu, et les domestiques eussent été moins disposés à faire de moi leur bouc émissaire. La lumière du jour commençait à se retirer de la chambre rouge ; il était quatre heures passées ; les nuages qui couvraient le ciel devaient amener bientôt l’obscurité tant redoutée ”
“ Dans chacune des sœurs il y avait un des traits de la mère, mais un seul : l’aînée, maigre et pâle, avait les yeux de Mme Reed ; la plus jeune, nature riche et éblouissante, avait le contour des joues et du menton de sa mère. Chez Georgiana, ces contours étaient plus doux que chez Mme Reed ”
“ J’éprouvai un inexprimable soulagement, une douce conviction que j’étais protégée, lorsque je m’aperçus qu’il y avait un inconnu dans la chambre, un étranger qui n’habitait pas le château de Gateshead et qui n’appartenait pas à la famille de Mme Reed. Détournant mon regard de Bessie (quoique sa présence fût pour moi bien moins gênante que ne l’aurait été par exemple celle de Mlle Abbot) , j’examinai la figure de l’étranger ; je le reconnus : c’était M. Loyd, le pharmacien. Mme Reed l’appelait quelquefois quand les domestiques se trouvaient indisposés ”
“ Alors, en tuyautant les jabots de dentelle et les bonnets de nuit de Mme Reed, elle satisfaisait notre ardente curiosité par des épisodes romanesques et des aventures tirées de vieux contes de fées et de ballades plus vieilles encore, ou, ainsi que je le découvris plus tard, de Paméla et de Henri, comte de Moreland.Ayant ainsi Berwick sur mes genoux, j'étais heureuse, du moins heureuse à ma manière; je ne craignais qu'une interruption, et elle ne tarda pas à arriver. La porte de la salle à manger fut vivement ouverte.«Hé! madame la boudeuse,» cria la voix de John Reed... ”
“ Dieu vous bénisse, je savais bien que vous viendriez ! s’écria Mme Leaven en me voyant entrer. — Oui, Bessie, répondis-je après l’avoir embrassée. J’espère que je ne suis pas arrivée trop tard. Comment va Mme Reed ? elle vit encore, n’est-ce pas ? — Oui, elle vit, et même elle a plus qu’hier le sentiment de ce qui se passe autour d’elle ; le médecin dit qu’elle pourra traîner une semaine ou deux ; mais il ne pense pas qu’elle guérisse. ”
Charlotte Brontë,
Jane Eyre; ou Les mémoires d'une institutrice
(1854)
“ Aimez vos ennemis ; bénissez ceux qui vous maudissent , et faites du bien à ceux qui vous haïssent et vous traitent avec mépris. — Alors il me faudrait aimer Mme Reed ? Je ne le puis pas; il faudrait bénir son fils John, c'est impossible ! A son tour, Hélène me demanda à m'expliquer : je commençai à ma manière le récit de mes souffrances et de mes ressentiments. ”
“ Mme Reed, de Gateshead. Vous tressaillez; avez-vous entendu du bruit? C'est probablement un rat qui gratte le mur de l'école; avant que je la fisse réparer, c'était une grange, et les granges sont généralement hantées par les rats. Mais continuons notre récit. Mme Reed garda l'orpheline pendant dix années; je ne sais si elle fut heureuse ou non: personne ne me l'a dit. Au bout de ce temps, l'enfant fut envoyée dans un endroit que vous connaissez, à l'école de Lowood, où vous- même avez demeuré. Il parait que sa conduite fut honorable; d'élève, elle devint maîtresse comme vous. ”
“ «Attendez, s'écria Mme Reed; je voulais encore vous dire autre chose; il me menace continuellement de me tuer ou de se tuer lui- même; quelquefois, dans mes rêves, je le vois étendu à terre, avec une large blessure au cou ou la figure noire ou enflée; je suis dans un singulier état; je me sens bien troublée. Que faire? Comment me procurer de l'argent?»Bessie s'efforça de lui faire prendre un calmant; elle y parvint difficilement. Bientôt après, Mme Reed devint plus calme, et tomba dans une sorte d'assoupissement ”
Charlotte Brontë,
Jane Eyre; ou Les mémoires d'une institutrice
(1854)
“ D'abord je me souris à moi-même, et je sentis mon être se dilater ; mais ce farouche plaisir cessa aussi vite que les battements accélérés de mon pouls : un enfant ne peut pas discuter avec ses supérieurs ainsi que je l'avais fait; il ne peut pas donner un libre cours à ses sentiments de rage, sans éprouver ensuite les douleurs du remords et la glace du repentir. Quand j'avais accusé et menacé Mme Reed, mon esprit flamboyait comme un las de bruyères embrasées ”
Charlotte Brontë,
Jane Eyre; ou Les mémoires d'une institutrice
(1854)
“ J'espère que ce soupir vient du coeur, reprit M. Brockelhurst, et que vous vous repentez d'avoir toujours été un sujet de tristesse pour votre excellente bienfaitrice. Bienfaitrice! bienfaitrice! ils appellent tous Mme Reed ma bienfaitrice ; s'il en est ainsi, une bienfaitrice est quelque chose de bien désagréable. ”
“ Les deux tiers de mon revenu sont employés à payer des intérêts d’hypothèques ; John joue beaucoup et perd toujours, pauvre garçon ! il est entouré d’escrocs ; il est abattu, son regard est effrayant ; quand je le vois ainsi, j’ai honte pour lui. » Mme Reed s’exaltait de plus en plus. « Je pense que nous ferions mieux de la quitter, dis-je à Bessie, qui se tenait de l’autre côté du lit. — Je le crois, mademoiselle ; il lui arriva souvent de parler ainsi quand la nuit approche ; le matin elle est plus calme. » ”
Charlotte Brontë,
Jane Eyre; ou Les mémoires d'une institutrice
(1854)
“ Il était impossible de se promener ce jour-là. Le matin, nous avions erré pendant une heure dans le bosquet dépouillé de feuilles; mais, depuis le dîner (quand il n'y avait personne Mme Reed dînait de bonne heure) , le vent glacé d'hiver avait amené avec lui des nuages si sombres et une pluie si pénétrante, qu'on ne pouvait songer à aucune excursion. J'en étais contente. ”
Mrs Henry Wood, Johnny Ludlow : roman (1879)
“ De là, Reed alla chez son frère, et apprit que Cathy n'avait pas été appelée et n'était pas venue à Evesham. Lorsque Reed revint à la maison, il était brisé. Combien de milles avait'fait cet homme pendant cette sombre journée de février, c'est ce qu'il n'aurait su dire. Peut-être vingt. Quand l'exaltation tient l'esprit en éveil, le corps ne sent pas la fatigue. Madame Reed plaça le souper devant son mari et il mangea machinalement. — Cela paraît bien étrange, dit-il alors; si elle n'avait ses meilleurs vêtements, je croirais à un malheur. ”
“ M. Reed avait pitié d’elle ; il la soignait et la berçait comme ses propres enfants, et même jamais il ne s’était autant occupé d’eux dans leur première enfance ; il essaya de rendre mes enfants affectueux envers la petite mendiante ; les pauvres petits ne purent pas la supporter. M. Reed se fâchait contre eux lorsqu’ils montraient leur peu de sympathie pour Jane ; dans sa dernière maladie, il voulut avoir l’enfant constamment près de lui, et, une heure avant sa mort, il me fit jurer de la garder avec moi. ”
“ Heureusement que le temps tarit les désirs de vengeance et assoupit la colère et la haine ; lorsque j’avais quitté cette femme, mon cœur était plein d’aversion et d’amertume, et maintenant que je revenais vers elle, je ne sentais en moi que de la pitié pour ses grandes souffrances, le désir de pardonner toutes les injures, de me réconcilier avec elle et de presser amicalement ses mains. Mme Reed avait toujours le même visage sombre et impitoyable ; je revis ces yeux que rien ne pouvait adoucir, ces sourcils arqués, impérieux et despotiques. ”
“ En sondant ce grand mystère, le souvenir d’Hélène Burns me revint ; je me rappelai ses dernières paroles, sa foi, sa doctrine sur l’égalité des âmes une fois délivrées du corps ; ma pensée écoutait cette voix dont je me souvenais si bien ; je voyais encore cette figure pâle, mourante et divine, ce regard sublime, lorsque, couchée sur son lit de mort, elle aspirait à retourner dans le sein de son père céleste. Tout à coup une voix faible, partie du lit, murmura : « Qui est là ? » Je savais que Mme Reed n’avait pas parlé depuis plusieurs jours. Allait-elle revenir à la santé ? ”
Charlotte Brontë,
Jane Eyre
(1847)
“ Les violentes tyrannies de John Reed, l'orgueilleuse indifférence de ses soeurs, l'aversion de leur mère, la partialité des domestiques, obscurcissaient mon esprit, comme l'eussent fait autant d'impuretés jetées dans une source troublée. Pourquoi devais-je toujours souffrir? Pourquoi étais-je toujours traitée avec mépris, accusée, condamnée par avance? Pourquoi ne pouvais-je jamais plaire? Pourquoi était-il inutile d'essayer à gagner les bonnes grâces de personne? ”
Mrs Henry Wood, Johnny Ludlow : roman (1879)
“ Je ne le crois pas encore aujourd'hui, répéta emphatiquement madame Reed. Le jeune Parrifer est aussi inoffensif qu'une mésange. Reed mit son chapeau sans dire un mot et sortit. Quoiqu'il fût tard, il allait au château. Son coup de sonnette fût celui d'un lord plutôt que celui d'un laboureur qui vient de sortir de prison. Un instant s'écoula avant que la porte fût ouverte : les domestiques étaient en haut, mais un homme arriva enfin. — Il faut que je voie le major Parrifer. ”
“ Il est probable, me dis-je, à en juger par la simplicité du domestique et de la voiture, que Mme Fairfax n’est pas une personne aimant à briller ; tant mieux. Une seule fois dans ma vie j’ai vécu chez des gens riches, et j’y ai été malheureuse. Je voudrais savoir si elle demeure seule avec cette petite fille. Dans ce cas, et si elle est le moins du monde aimable, je m’entendrai fort bien avec elle. Je ferai de mon mieux. Pourvu que je réussisse ! En entrant à Lowood j’avais pris cette résolution, et elle m’a porté bonheur ; mais, chez Mme Reed, on a toujours dédaigné mes efforts. ”
Charlotte Brontë,
Jane Eyre; ou Les mémoires d'une institutrice
(1854)
“ Et renonçant à sa position perpendiculaire, il s'installa dans un fauteuil vis-à-vis Mme Reed. — Venezici, me dit-il. Il frappa légèrement du pied le tapis et m'ordonna de me placer devant lui. Sa figure me produisit un effet étrange, quand me trouvant sur la même ligne que lui, je pus voir son grand nez et sa bouche garnie de dents énormes. — Il n'y a rien de si triste que la vue d'un méchant enfant, reprit-il, surtout d'une méchante petite fille. Savez-vous où vont les réprouvés après leur mort ? ”
Mrs Henry Wood, Johnny Ludlow : roman (1879)
“ Lorsqu'ils passèrent devant la maison de Georges Reed, un bruit venant du jardin derrière la maisonnette frappa les oreilles du Major. Il descendit dans le pré Piefinch, s'approcha de la grande haie, se hissa sur la pointe des pieds et resta là regardant à travers les branches. — Reed sarcle ses navets, dit le Major. Il appela le gentleman et les deux domestiques, les priant de regarder aussi. Rien de plus. Ils allèrent ensuite tous à l'église. Le mercredi suivant, le Major alla prendre sa place sur le banc des magistrats à Alcester. ”
Charlotte Brontë,
Jane Eyre; ou Les mémoires d'une institutrice
(1854)
“ Battre un jeune noble, le fils de votre bienfaitrice, votre maître. — Mon maître! Comment est-il mon maître ? Suis-je donc une servante? — Vous êtes moins qu'une servante, car vous ne gagnez pas de quoi vous entretenir. Asseyez-vous là et réfléchissez à votre faute. Elles m'avaient emmenée dans la chambre indiquée par Mme Reed et m'avaient jetée sur une chaise. Mon premier mouvement fut de me lever d'un bond : quatre mains m'arrêtèrent. — Si vous ne demeurez pas tranquille, il faudra vous attacher, dit Bessie. Mademoiselle Abbot, prêtez-moi votre jarretière ”
Charlotte Brontë,
Jane Eyre; ou Les mémoires d'une institutrice
(1854)
“ Au château de Gateshead, j'étais une cause de discorde ; là, je ne ressemblais à personne; rien en moi ne pouvait s'harmoniser avec Mme Reed, ses enfants ou ceux de ses inférieurs qu'elle préférait. S'ils ne m'aimaient pas, il est vrai de dire que je ne les aimais guère davantage. ”
“ Sir George Lynn me parlait hier d’un Reed de Gateshead, qui, dit-il, est un des plus grands coquins de la ville, et Ingram me parlait également d’une Georgiana Reed qui, il y a un hiver ou deux, était très admirée, à Londres, pour sa beauté. — John Reed est mort, monsieur ; il s’est ruiné et a à moitié ruiné sa famille ; on croit qu’il s’est tué ; cette nouvelle a tellement affligé sa mère, qu’elle a eu une attaque d’apoplexie. — Et quel bien pourrez-vous lui faire, Jane ? Vous ne prétendez pas parcourir cent milles pour voir une vieille femme qui sera peut-être morte avant votre arrivée ”
C. de Varigny, Le Mariage et le Divorce aux États-Unis
“ Moins heureux, James Reed fut tué après une résistance acharnée. Belle Starr comptait autant d’amoureux que le Texas, le Kansas, le Nebraska et le Nevada de desperadoes et d’otlaws. Veuve de Reed, elle épousa Sand, fils d’un Indien Cherokee, qu’elle quitta bientôt, à la suite d’une expédition dans laquelle il eut la maladresse de se laisser prendre. Belle estimait peu les maladroits, et Sand perdit son prestige à ses yeux. Elle choisit alors John Middleton et reprit le cours de sa vie aventureuse ”
Mrs Henry Wood, Johnny Ludlow : roman (1879)
“ Pensez-vous qu'en l'épousant j'aie fait une bonne affaire ? Non. Le mariage est une chose qu'on ne saurait défaire, major Parrifer; mais je souhaiterais de tout mon cœur être encore l'insouciante Cathy Reed, dans la chaumière de mon père. ”
Alfred Giron,
De Cancale à Terre-Neuve : l'odyssée d'un petit mousse
(1891)
“ C'était John Reed dans son costume de sauvage et auquel les gens de l'habitation faisaient une ovation ironique. Il se tenait debout et drapé à l'indienne dans sa couverture de laine rouge, au milieu d'une cinquantaine d'hommes qui le huaient, le tournaient en ridicule et le poussaient de ci de là. sans lui faire de mal, toutefois. Ah! que la gent malicieuse des mousses s'en donnait à plaisir. Paul Gallais en eut pitié. ”
Mrs Henry Wood, Johnny Ludlow : roman (1879)
“ Ce qui ranima son courage. — Que voulez-vous dire? grogna-t-il en éteignant le cigare sous ses pieds. Êtes-vous devenu fou ? — Pas tout à fait, quoique ce que vous avez fait soit de nature à rendre un homme fou. Mais laissons ceci de côté, Major. Je suis venu ce soir pour ma fille. Où est-elle? Ils étaient là se regardant l'un l'autre. Reed se tenait près de la porte fermée, son chapeau à la main; il n'oubliait pas ses bonnes manières, même en présence de son ennemi ; elles étaient devenues une habitude chez lui. ”
Charlotte Brontë,
Jane Eyre; ou Les mémoires d'une institutrice
(1854)
“ mais je déclare que je ne vous aime pas ; je vous déteste plus que personne au monde, excepté toutefois John Reed. Cette histoire d'une menteuse, vous pouvez la donner à votre fille Georgiana, car c'est ellequivous trompe et non pas moi. ”
Mrs Henry Wood, Johnny Ludlow : roman (1879)
“ Je ne sais s'il eut vent de ma visite à M. Brandon, mais le cottage était à moi, j'étais amical pour Reed et c'en était assez. Des mois se passèrent cependant sans incident digne d'être mentionné. Un dimanche matin, pendant l'hiver, les cloches de l'église sonnaient pour le service ; la voiture du major Parrifer sortit avec ces dames en grande toilette. Le Major lui-même suivait à pied avec l'une de ses filles, ainsi qu'un jeune homme qui était en visite chez eux et quelques domestiques. ”
