Schmeltz

Définition et enjeux

Paul Celières Le chef-d'oeuvre de Papa Schmeltz (1881)

Schmeltz, quand il reçut le mot de Dauvergne, passa par toutes les nuances connues de l'émotion. Il se sentait plus jeune de vingt ans, plus grand de vingt coudées. Jusqu'au jour fixé, – c'était le lendemain, – il ne vécut que de sa fièvre. Ni nourriture, ni sommeil. Sa joie débordante s'exhalait en mots entrecoupés, en exclamations sans suite, en gestes fous, – et en baisers à Lydie, qui les méritait bien, la chère petite ! Sans elle.!
Source : Gallica

Paul Celières Le chef-d'oeuvre de Papa Schmeltz (1881)

Lydie, plus morte que vive, regardait Schmeltz d'un oeil effaré. Ses mains crispées tremblaient. Après les joies si vives de cette soirée, c'était une douleur trop vive que cet anathème jeté devant elle à la mémoire de son père – qu'elle avait aimé, parce qu'il était son père et que ce mot-là dit tout pour l'enfant. Elle écoutait Schmeltz et se demandait si elle devait l'aimer ou le haïr. Elle hésitait entre le vivant et le mort, et cette hésitation la brisait.
Source : Gallica

Paul Celières Le chef-d'oeuvre de Papa Schmeltz (1881)

Ce sera bien autre chose quand tu entendras, jouée ainsi, la marche triomphale d'Abdolonyme, répondit Schmeltz d'un ton bref.
Il lui en voulait presque de l'avoir oublié pour Glück.
Mais elle avait tout oublié, la pauvre enfant, tout et tout le monde ; – jusqu'à Antoinette, qu'elle avait à peine reconnue. L'oeuvre absorbait tout. Elle n'était plus de ce monde ; elle était aux enfers avec Orphée ; elle pleurait Eurydice avec lui ; la fiction s'était faite réalité. Ses applaudissements venaient du coeur ; ils ne visaient ni les artistes ni Glück ; ils ne s'adressaient à rien ni à personne.
Source : Gallica

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