Paul Celières

Résumé

Paul Celières Le chef-d'oeuvre de Papa Schmeltz (1881)

La mort est une triste voyageuse à loger. Elle porte malheur.
Schmeltz resta donc seul près du lit, penché sur l'enfant qu'il entourait de ses bras et qu'il suppliait de vivre, comme s'il n'avait fallu pour cela qu'un effort de sa volonté.
Vers le soir, un réveil inattendu survint tout à coup. Lydie tourna la tête vers Schmeltz, le regarda et lui tendit sa main, qu'il couvrit de baisers et de larmes, en murmurant :
– Je le savais bien que c'était impossible !. Il y a un Dieu au ciel !
– Pourquoi pleurez-vous ? demanda-t-elle.
Schmeltz comprit safaute. Effrayer un mourant, c'est l'achever.
Source : Gallica

Paul Celières Le chef-d'oeuvre de Papa Schmeltz (1881)

A force de s'être dit : Les morts n'entendent pas ! Schmeltz finit par se dire : Les morts entendent peut-être !... qui sait ?
Frémissant de ce doute qui ouvrait à sa suprême espérance l'infini sans horizon, il se baissa, ouvrit sa boîte à violon qu'on avait laissée à terre, prit l'instrument, l'archet, et doucement, tout doucement, comme s'il
avait craint d'effaroucher l'âme envolée qu'il croyait sentir autour de lui, il joua les premières mesures de la romance d'Elise, cette romance qui, dans la bouche de Lydie, jadis, avait sonné l'heure de son réveil.
Source : Gallica

Paul Celières Le chef-d'oeuvre de Papa Schmeltz (1881)

Ce sera bien autre chose quand tu entendras, jouée ainsi, la marche triomphale d'Abdolonyme, répondit Schmeltz d'un ton bref.
Il lui en voulait presque de l'avoir oublié pour Glück.
Mais elle avait tout oublié, la pauvre enfant, tout et tout le monde ; – jusqu'à Antoinette, qu'elle avait à peine reconnue. L'oeuvre absorbait tout. Elle n'était plus de ce monde ; elle était aux enfers avec Orphée ; elle pleurait Eurydice avec lui ; la fiction s'était faite réalité. Ses applaudissements venaient du coeur ; ils ne visaient ni les artistes ni Glück ; ils ne s'adressaient à rien ni à personne.
Source : Gallica

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