Paul Celières

Élements biographiques

Paul Celières Une exilée (1887)

Émilio avait pris toutes les places libres de son cœur. D'un mot, sans le vouloir, elle vènait de se l'avouer à elle-même, et de l'avouer à son père en même temps.
Elle rougit et baissa les yeux.
— C'est la loi de l'humanité, mon enfant, dit le comte, en lui prenant les mains; la mort s'efface devant la vie, le passé devant l'avenir. De là-haut, va, le pauvre comte Luigi te pardonne de l'avoir oublié si vite... pour son fils.
— Et vous, mon père?
— Ah! chère enfant, dit-il, regarde-moi.
Il souriait; Francesca comprit.
Source : Gallica

Paul Celières Quand il pleut (1883)

Et Giacomo n'oubliait toujours pas Pietro Parelli !
De sa haine, il n'avait jamais parlé à personne, ni à sa femme, ni à ses fils, ni à Tonia. Comme un avare son or, il la gardait et la ménageait pour lui-même. La partager, c'eût été en perdre quelque chose. Cette haine, pour lui, c'était le coin du coeur où nul ne pénètre, le secret que Dieu seul connaît.
Vers ce temps, la fortune lui sourit encore. On alluma le feu des Croates ; on lui en confia la garde, avec bons gages qu'on lui payait régulièrement tous les mois ; il en bénit le ciel.
Source : Gallica

Paul Celières Le chef-d'oeuvre de Papa Schmeltz (1881)

La mort est une triste voyageuse à loger. Elle porte malheur.
Schmeltz resta donc seul près du lit, penché sur l'enfant qu'il entourait de ses bras et qu'il suppliait de vivre, comme s'il n'avait fallu pour cela qu'un effort de sa volonté.
Vers le soir, un réveil inattendu survint tout à coup. Lydie tourna la tête vers Schmeltz, le regarda et lui tendit sa main, qu'il couvrit de baisers et de larmes, en murmurant :
– Je le savais bien que c'était impossible !. Il y a un Dieu au ciel !
– Pourquoi pleurez-vous ? demanda-t-elle.
Schmeltz comprit safaute. Effrayer un mourant, c'est l'achever.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature