Paul Celières

Une exilée (1887)

Résumé

Paul Celières,  Une exilée (1887)

“ Émilio avait pris toutes les places libres de son cœur. D'un mot, sans le vouloir, elle vènait de se l'avouer à elle-même, et de l'avouer à son père en même temps.
Elle rougit et baissa les yeux.
— C'est la loi de l'humanité, mon enfant, dit le comte, en lui prenant les mains; la mort s'efface devant la vie, le passé devant l'avenir. De là-haut, va, le pauvre comte Luigi te pardonne de l'avoir oublié si vite... pour son fils.
— Et vous, mon père?
— Ah! chère enfant, dit-il, regarde-moi.
Il souriait; Francesca comprit.
”
Source : Gallica

Paul Celières,  Une exilée (1887)

“ Francesca, pendant les premiers jours qui suivirent le départ de son père, vécut dans une sorte d'indécision morale. Tantôt la fièvre du doute l'accablait ; elle voyait tout perdu, Émilio et le comte inutilement sacrifiés ; tantôt elle se disait que, réunis, ils seraient plus forts contre le danger; que, soulevé par eux, le peuple briserait ses chaînes ; et elle frémissait de la double espérance de revoir les siens vivants et l'Italie délivrée. Mais, le plus souvent, elle restait dans une atonie faite d'hésitation et de crainte, d'où ne la tiraient pas même les baisers de Johanna. ”
Source : Gallica

Paul Celières,  Une exilée (1887)

“ Il faut avoir eu faim pour savoir le prix d'un morceau de pain! Il faut avoir erré sans abri dans les rues d'une grande ville pour savoir ce que valent un toit de grange et une botte de paille ! Il faut avoir souffert de l'indifférence des hommes pour bénir la pitié de Dieu!
Lorsque Francesca et Johanna s'éveillèrent, il faisait grand jour. Un bon soleil d'hiver illuminait à leurs pieds la vallée de la Marne dont les chaumes et les champs labourés disparaissaient sous les paillettes d'argent qu'y avait semées la gelée blanche.
”
Source : Gallica

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