Paul Celières

Résumé

Paul Celières Quand il pleut (1883)

Et Giacomo n'oubliait toujours pas Pietro Parelli !
De sa haine, il n'avait jamais parlé à personne, ni à sa femme, ni à ses fils, ni à Tonia. Comme un avare son or, il la gardait et la ménageait pour lui-même. La partager, c'eût été en perdre quelque chose. Cette haine, pour lui, c'était le coin du coeur où nul ne pénètre, le secret que Dieu seul connaît.
Vers ce temps, la fortune lui sourit encore. On alluma le feu des Croates ; on lui en confia la garde, avec bons gages qu'on lui payait régulièrement tous les mois ; il en bénit le ciel.
Source : Gallica

Paul Celières Quand il pleut (1883)

Francesco n'en voulut pas entendre plus ; il ne demanda ni comment ni pourquoi deux seulement des prisonniers s'étaient échappés ; d'un bond, il fut en bas de l'escalier et, sans songer qu'il risquait peut-être sa vie inutilement, se jeta à la mer.
Vivant ou mort, il voulait retrouver Marcello.
Pietro Parelli et Giacomo Zappa étaient restés seuls dans la chambre à demi obscure du phare ; l'un épuisé, sans souffle, suivant d'un regard effaré dans la pénombre l'autre qui, comme un fauve dans sa cage, allait de la porte à la lucarne et de la lucarne à la porte ; il en avait peur.
Source : Gallica

Paul Celières Quand il pleut (1883)

Il épousa un beau jour une fille slave des environs de Trieste et devint père. C'était la joie que lui réservait Dieu pour le payer des tortures injustes du passé. Il lui donna deux fils : Francesco et Marcello ; l'un solide et fort comme son père, l'autre maigre, petit et grêle comme sa mère. C'est celui-ci qu'il préféra. Ce visage pâle et chétif lui rappelait, à son insu même, un visage gracieux et pâle aussi, entrevu jadis, celui de la pauvre Fiamma, dont les yeux pleins de larmes s'étaient levés une dernière fois sur lui comme pour le remercier
de l'effort qu'il avait fait pour la sauver.
Source : Gallica

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