“ On ne peut pas dire qu’elles soient d’aucun sexe, c’est-à-dire, qu’elles soient mâles, ni fémelles, et quoiqu’elles ne soient ni mâles, ni fémelles, elles n’ont pas laissé néanmoins que de s’engendrer et de se produire les unes les autres, ce qui s’est fait, disent nos Christicoles, non charnellement, mais spirituellement et d’une manière toute spirituelle et mistérieuse et ineffable, c’est-à-dire, d’une manière que nos Christicoles eux-mêmes ne sauroient exprimer, ni concevoir. ”
Citations sur “christicole”
Jean Meslier,
Testament de Meslier
“ Mais dans la doctrine de nos Christicoles, il y a quelque chose de bien plus ridicule & de plus absurde ; car outre ce qu’ils disent d’un Dieu qui en fait trois, & de trois qui n’en font qu’un, ils disent que ce dieu triple & unique, n’a ni corps, ni forme, ni figure ; que la premiére personne de ce dieu triple & unique, qu’ils appellent le Père, a engendré toute seule une seconde personne qu’ils appellent le Fils, & qui est tout semblable à son Père, étant comme lui sans corps, sans forme & sans figure. ”
Jean Meslier,
Testament de Meslier
“ Ayant mis sous les yeux une partie des pauvretés attribuées à Dieu par les Christicoles, continuons à dire quelques mots de leurs mystères. Ils adorent un Dieu en trois personnes, ou trois personnes en un seul Dieu ; & ils s’attribuent la puissance de faire des Dieux de pâte & de farine, & même d’en faire tant qu’ils veulent. ”
“ D’un autre côté, s’ils disent que cette prémière personne auroit bien pû engendrer plusieurs fils et plusieurs filles, mais qu’elle n’auroit voulu engendrer que ce seul fils, et que les deux autres personnes pareillement n’en auroient point voulu engendrer, ni produire d’autres, on pouroit prémièrement leur demander, d’où ils savent que cela soit ainsi : car on ne voit point dans les prétendues Ecritures saintes, qu’aucune de ces prétendues divines personnes se soient positivement déclarées la-dessus. Comment nos Christicoles peuvent-ils savoir ce qui en est ? ”
Jean Meslier,
Le Testament de Jean Meslier/Édition 1864
“ C’est ce qu’il est facile de prouver evidemment tant par les exemples de ceux que l’on dit avoir été faits autrefois dans les fausses Religions que par le temoignage de ce que nos Christicoles apellent la parole de Dieu, et par le témoignage même de celui qu’ils adorent comme leur Dieu et leur Sauveur : lesquels témoignages nous marquent expressément que ces sortes de signes et de prétendus miracles ont été faits, et qu’ils peuvent encore se faire en faveur de l’erreur et du mensonge par de faux prophetes et par des imposteurs. ”
de Voragine Jacobus, La légende dorée (1902)
“ Et elle : « Tu as raison sans t’en douter ; car le fait est que j’offre mon sacrifice au Père, au Fils et au Saint-Esprit. » Et le père : « Si tu adores trois dieux, pourquoi refuses-tu d’adorer les autres ? » Mais elle : « Ces trois dieux n’en forment qu’un seul ! »Christine brisa ensuite les idoles de son père et distribua aux pauvres l’or et l’argent dont elles étaient faites. Son père, furieux de sa désobéissance, la fit dévêtir, et ordonna à douze de ses serviteurs de la frapper, ce qu’ils firent jusqu’à ce que les forces leur manquèrent. ”
Ernest Chauffard, Un Mois en Espagne, suivi de Christine… (1865)
“ Christine est un modèle de CHRISTINE 231 vertus. Imagination ardente, intelligence heureuse, elle goûte et recherche les plaisirs de l'esprit ; coeur tendre, elle vole partout où il y a des larmes à essuyer, une misère à secourir. Prière, étude et charité, voilà sa vie. Ah ! si le monde la voyait auprès de ces grabats fétides où elle va porter secours et consolations, s'il entendait sortir de ses lèvres les conseils qu'elle donne à la mère de famille et la prière qu'elle enseigne aux petits enfants, il serait touché de sa beauté et il la prierait à genoux comme une sainte. ”
comtesse de Sophie Ségur, François le Bossu
“ HÉLÈNE—Parce que vous nous avez persuadées; n'est-ce pas, Cécile?CÉCILE—Oui, c'est très vrai; tu es furieux contre François parce qu'il t'a riposté très spirituellement, et contre Christine parce qu'elle a défendu François; et je trouve qu'elle a bien fait et que tu as mal fait.Les parents écoutaient le récit et la discussion; Mme des Ormes la termina en disant:—Christine se mêle toujours de ce qui ne la regarde pas; on dirait que François a besoin d'elle pour se défendre. Je te prie, Christine, de te taire une autre fois. ”
“ Tous ceux que tu m’as amenés dernièrement sont le rebut du genre humain, misérables, dignes à peine de la flèche qui les tue : ce jeune homme est membré comme saint-George. Ne lui épargne ni le vin, ni la bonne chère. Que nos belles, comme les araignées, tendent leurs toiles flottantes autour de lui : tu me comprends. » Christie répondit par un signe expressif d’intelligence, et se retira respectueusement à une certaine distance de son maître. « Et toi, bon homme, cours-tu le monde pour faire fortune ? » dit le baron se tournant vois le vieux voyageur ”
Son Exc. le général aide de camp Hassan Ali Khan… (1861)
“ Tu ne portes pas le monde, ré pondit l'enfant Mais tu portes celui qui l'a créé. Je suis le Christ. Je viens te dire que j'ai agréé tes services, et que je te reçois au nombre de ceux qui me servent. Je le baptiste au nom du Père, et du Fils, et du « Saint-Esprit. Puisque tu m'as porté sur tes épaules , ton nom désormais sera CHRISTOPHE. » Christophe, en grec, signifie Porte Christ. Avant d'être baptisé de ce nom si beau et si nouveau, Christophe s'appelait Offérus, ou Réprobus. ”
Clair Tisseur , Le Littré de la Grand'Côte
“ CHRISTAUDINOS, s. m. — Quelqu’un qui a un visage long et maigre, des traits creusés, une mine hâve et blême. Un grand christaudinos. Un visage de christaudinos. — De Christe audi nos. L’idée est : un visage de suppliant. On a fait de Christe audi nos un seul mot, comme le gros X..., le surveillant de Saint-Pierre, qu’on appelait « le Suisse », avait fait christôrôsô de Christ au roseau. Le Suisse expliquait la décadence de l’école par cela qu’on n’y faisait plus de christôrôsô. ”
Son Exc. le général aide de camp Hassan Ali Khan… (1861)
“ Et Christophe répondit : — «Je ne veux qu'une chose : c'est de te c invertir à la vraie foi, afin que tu laisses le mal. et que tu adores le Christ. C'est lui qui a le pouvoir de te faire vivre ou de te faire mourir. » Le roi lui dit : — « Comment ! T'opiniàtes-tu donc dans ta folie? Jusqu'à quand aurai-je à souffrir tes insolences ? » Et saint Christophe lui dit : — « Je ne suis pas fou. Je suis seulement le serviteur de N.-S. J.-C. Mais toi, tu es fou. tu es insensé, toi qui n'as pas confiance au Seigneur — 72 - Jésus, et qui te confies en Satan, ton père. » ”
Octave Feuillet,
Le Journal d’une femme
“ Cécile était une enfant gâtée, mais elle n’avait que des défauts de surface : elle vous aimait et vous respectait ; vous aviez tout empire sur elle, et il n’y a pas de sacrifices que vous n’en eussiez obtenus ! — Et de quel droit lui en aurais-je demandé ? reprit M. d’Éblis. Ma conscience me le défendait... Qu’avais-je à lui donner en échange des plaisirs qu’elle m’eût sacrifiés ? On ne demande de tels sacrifices qu’à une femme qu’on aime ! — À une femme qu’on aime, grand Dieu ! Parlez-vous de Cécile ?... Comment ! quand vous avez épousé Cécile,... vous ne l’aimiez pas ? ”
comtesse de Sophie Ségur, François le Bossu
“ Quand je ne serai plus prie pour moi, demande au bon Dieu de me pardonner; aime-moi mort comme tu m'as aimé vivant; ton amitié a été ma consolation dans mes peines, elle a sauvé mon âme en me ramenant à Dieu. Que Dieu te bénisse, mon François, et qu'il te rende le bien que tu m'as fait!—Et toi, Christine, ma bonne et chère Christine, qui m'as aimé comme un frère, comme un ami; ta tendresse, tes soins ont fait le bonheur des derniers mois de ma triste et pénible existence. Que Dieu te récompense de ta bonté, de ta charité, de ta tendresse! Que Dieu te bénisse avec François! ”
Comtesse de Ségur,
François le bossu
“ Tu cherchais une place, et en entrant chez Christine tu restes près de moi, tu me fais un grand plaisir en me rassurant sur son bonheur, et tu seras maîtresse de faire tout ce que tu voudras, puisque Mme des Ormes ne s’occupe pas du tout de la pauvre Christine. — Tu as raison, mon François, tu as raison, mais... il faut du temps pour m’habituer à la pensée de vivre dans une autre maison que la tienne, ne pas t’embrasser tous les matins, et tant d’autres petites choses que j’abandonne avec chagrin. ”
de Voragine Jacobus, La légende dorée (1902)
“ « Ma chère fille, lumière de mes yeux, aie pitié de moi ! » Mais elle : « Je ne suis plus ta fille, mais bien celle du Dieu dont je porte le nom ! » Enfin la mère, ne parvenant pas à la persuader, revint vers son mari et lui répéta ses réponses. Alors le père fit comparaître Christine devant lui et lui dit : « Si tu ne veux pas sacrifier aux dieux, c’est toi-même qui sera sacrifiée et tu cesseras d’être ma fille ! » Mais elle : « Je te remercie du moins de ce que tu ne m’appelles plus la fille du diable que tu es ; car ce qui naît d’un diable ne peut être que diabolique ! » ”
Henriette-Étiennette-Fanny Reybaud, Le château de St.-Germain. Tome 2 (1837)
“ Elle a sa miséricorde et sa pureté sans tache ; le regard d'un homme n'ose se fixer sur son front où reluit comme une auréole. Ma belle sainte Christine, je vous adore. — Je ne suis pas une sainte ! s'écria-t-elle en rougissant un peu ; je suis une pauvre fille toute pleine de défauts et d'imperfections; mais du moins je me connais et je suis humble; ne tentez pas de me rendre orgueilleuse. — Quand vous le seriez un peu , Dieu vous le pardonnerait et moi aussi. — Vous êtes indulgent plus qu'un confesseur; quand j'aurai péché, c'est à vous que j'irai demander l'absolution. ”
Ernest Renan,
Revue des Deux Mondes
“ De Calmar (3 janvier 1280) , Pierre écrit de nouveau à Christine, à Jean et aux béguines de Stommeln. La lettre à Christine est d’une mysticité plus ardente que jamais. Plusieurs évidemment souriaient de ses transports. « Eh bien! dit-il, que le monde crie, qu’il raille, qu’il médise, qu’il s’irrite, il ne m’empêchera pas d’aimer l’épouse de mon Dieu, de l’aimer pour son époux même. » Nul danger qu’il aime Christine plus que le Christ; car il est de règle que « ce pourquoi est une chose est plus que cette chose. » Christine est la voie qui l’a conduit à honorer, à aimer, à goûter le Christ. ”
William Little Hughes, Les bébés d'Hélène (1879)
“ Et c'était pas un petit garçon du tout! Tu ne devines donc pas? Saint Christophe. — Non, Boulot. — C'était Jésus-Christ! Et Jésus dit : « Phoros, j'ai appris que tu travailles pour moi, et j'ai voulu savoir si tu travailles bien. Maintenant, tu auras un autre nom ; tu t'appelleras Christophoros, parce que ça veut dire : « Porteur du Christ ». Et ensuite tout le monde l'a appelé Christophoros, et quand il est mort on l'a appelé saint, parce que c'est comme ça qu'on appelle les bonnes gens. ”
Isabelle de Charrière,
Lettres écrites de Lausanne
(1785)
“ Cécile est parente des parents de ma mère, aussi bien que des parents de mon mari ; elle a des cousins et des cousines dans tous les quartiers de notre ville, et je trouve bon qu’elle vive avec tous, à la manière de tous, et qu’elle soit chère à tous [1] . En France, je ferais comme on fait en France : ici, vous feriez comme moi. Ah ! Mon dieu, qu’une petite personne fière et dédaigneuse qui mesure son abord, son ton, sa révérence sur le relief qui accompagne les gens qu’elle rencontre, me paraît odieuse et ridicule ! ”
Comtesse de Ségur,
François le bossu
“ Tu ne nous aimes donc plus, Christine ? christine. Je vous aime et vous aimerai toujours, mais pas de même ; je ne puis exprimer ce que je sens ; mais ce n’est pas la même chose ; je puis vivre sans vous, je ne me sens pas la force de vivre loin d’eux. madame de cémiane. Oui, je comprends ; tes lettres à Gabrielle étaient pleines de tendresse pour M. de Nancé et pour François. Comment est-il, ce bon petit François ? ”
“ Écoute-moi, mon enfant bien-aimée : ce Dieu, dont depuis ton enfance je t’ai enseigné l’amour, ne crains-tu pas de l’offenser ? Ma fille, cherche-le, et, mieux que moi, il te dira les mots qui consolent. Christine, on aime en Dieu ceux dont on s’éloigne sur la terre. Lui, qui dans ses lois suprêmes a mis tant de freins au cœur de la femme, il a vu dans l’avenir tous les sacrifices qu’il imposait, et il a sûrement gardé des trésors d’amour pour les cœurs qui se brisent en restant soumis. Annunciata essuya rapidement les larmes qui inondaient son beau visage ”
Comtesse de Ségur,
François le bossu
“ Bonjour, Christine. Pourquoi n’es-tu pas venue chez moi ? christine. Maman, j’attendais ma bonne, qui m’avait défendu de sortir sans elle. madame des ormes. Mina a toujours des idées baroques ! Quelle nécessité d’enfermer cette enfant et de l’empêcher de venir dans ma chambre ! Et toi, Christine, si tu avais eu un peu d’esprit, tu n’aurais pas attendu la permission de Mina... Comme tu es rouge, Christine ; tu n’es pas jolie, ma pauvre fille ! m. des ormes. Il est impossible de savoir si elle a de l’esprit puisqu’elle ne parle guère ; devant nous, du moins ”
Anatole-Henri-Philippe de Ségur,
Oeuvres poétiques : Sainte Cécile…
(1899)
“ Tout ce qu'on dit des cieux n'est qu'une vaine fable, Ou le Dieu de Cécile est le Dieu véritable. CÉCILE Il pleure ; il va prier ! Frappez, tonnez, Seigneur : Mettez mon corps en poudre, et terrassez son coeur. VALÉRIEN Tu veux mourir pour moi ! Cécile que j'adore, M'aimes-tu, jusque-là ? CÉCILE Je t'aime plus encore. Pour toi, pour ton salut, je mourrais mille fois. Viens à Dieu : de mes pleurs écoute enfin la voix. VALÉRIEN C'en est trop, je succombe ! ô tendresse ! ô prière ! Tu m'aimes, je crois tout : prends le coeur de ton frère. Je ne m'appartiens plus. Faut-il être chrétien ? ”
“ Si elle regardait d’un autre côté, ses yeux rencontraient le crucifix de bois ; si elle tournait encore la tête, elle voyait la supérieure agenouillée ; si elle laissait tomber sa tête sur sa poitrine, son livre de prières, ouvert sur ses genoux, frappait ses regards. Parfois, pour se livrer aux pensées de son cœur, Christine fermait les yeux, mais alors la cloche du couvent tintait doucement et disait encore de prier. Quand elle sortait de sa cellule, elle voyait ses compagnes calmes et recueillies la saluer en murmurant : Dieu soit avec vous, ma soeur ! ”
Histoires enfantines (17e éd.) (1925)
“ Maman en profite pour faire à Cécile un peu de morale. — Tu vois, le petit Jésus... Il était plus sage que toi, il ne prenait pas de caprices, il ne désobéissait jamais à sa maman... — Tiens, fait Cécile, tiens ! .... quand on est en or, ce n'est pas malin d'être sage... Mot qu'on doit rapprocher de celui-ci, du fils de sir Lamb, historien anglais, à qui sa maman montrant également une statuette de l'enfant Jésus, disait : — Voilà un petit garçon qui ne pleure jamais ! Et qui répliquait, avec une terrible et inconsciente philosophie : — Parce qu'il ne vit pas ! ”
H. Romand, Revue des Deux Mondes
“ Huit mois avant Henri iii, Christine avait été reçue à corrections au Théâtre-Français. C’était alors une tragédie en cinq actes, emprisonnée dans les trois inévitables unités. C’était la pièce que vous connaissez, moins le prologue si piquant et si fin, moins l’épilogue, si grand et si funèbre ; moins le rôle de Paula, si ravissant et si dévoué. Mais on y trouvait dès lors Christine abdiquant le trône par caprice, comme on quitte un amant, et le regrettant par ennui après l’avoir quitté ; Christine, coquette d’esprit, pédante de cœur, passionnée dans son amour, terrible dans sa jalousie. ”
Sophie d' Arbouville, Oeuvres de Madame d'Arbouville… (1875-1876)
“ Rendez-moi Christine quelques jours seulement ; laissez-moi lui faire revoir les lieux où elle est née, les lieux où elle a aimé. Mes prières ne sauraient la persuader, mais un ordre de vous la fera obéir ; dites-lui de rentrer quelques instants sous le toit de son père. Si elle persiste dans sa résolution après cette dernière épreuve, eh bien ! je vous la rendrai. — Emmenez la sœur Marthe-Marie avec vous, mon fils, répondit la supérieure, je vais lui dire de vous suivre. Si Dieu a vraiment parlé à son âme, toutes les voix de ce monde n'arriveront pas jusqu'à elle ”
