A. Gasquet

Élements biographiques

A. Gasquet Revue des Deux Mondes

LE CULTE ET LES YSTÈRES
DE
MITHRA Les mystères de Mithra s’introduisirent à Rome, au déclin de la République, vers le même temps où, de tous les points du bassin de la Méditerranée, d’Egypte, de Syrie, de Judée, de Perse et de Chaldée, commençaient à affluer vers la capitale du monde les cultes orientaux et les superstitions étrangères. Rendez-vous de tous les peuples, Rome devient le réceptacle de toutes les religions qu’a connues l’univers, comme si toutes pressentaient, à ce moment précis où s’établit l’empire, la crise religieuse d’où devait sortir une religion universelle.
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Mithra mérita sa fortune par ce qu’il garda de la pureté du culte de Mazda. Le mazdéisme est par essence une religion morale. Elle tient tout entière dans la lutte de la lumière contre les ténèbres, du bien contre le mal, et dans la victoire du premier principe. Le drame céleste, transporté dans le domaine de la conscience, gouverne la vie du croyant et commande toutes ses actions. La condition de la victoire est l’effort, effort de toutes les heures et que rien ne décourage.
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Conséquence plus grave encore : le chrétien ne connaît que son Dieu ; ce Dieu jaloux ne souffre d’adoration que celles qui vont à lui seul ; les autres dieux sont de faux dieux, ou plutôt des démons. Plutôt que d’encenser les idoles, le chrétien brave l’horreur du supplice ; dans l’ardeur de sa foi il puise la force de résister à la douleur et de mépriser la mort, sûr que son sang répandu lui vaudra les récompenses éternelles. Mais le mithriaste n’est jamais exclusivement mithriaste. Mithra n’est pas un dieu plus jaloux que Zeus et que Sérapis.
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