Adélard Lambert

Élements biographiques

Adélard Lambert,  Rencontres et entretiens

“ Sacreyer ! oui, monsieur, j’avais la plus belle terre de la paroisse, sur laquelle poussaient le blé et l’avoine, à pleine clôture. Malheureusement elle était trop près du village. Aussi, les gens venaient-ils presqu’à la queue-leu-leu à la maison pour emprunter, qui une bêche, qui un râteau, qui une fourche, la voiture, le cheval et même jusqu’à ma femme Mérance, qu’ils venaient chercher à tout bout de champ pour soigner leurs bobos. Comme si les femmes d’habitants n’ont pas assez de leur besogne, de leur famille à élever sans aller soigner les malades du village. ”
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Adélard Lambert,  Contes de tante Rose

“ Le mari va à la maison, met ses propres habits et revient demander à la chèvre si elle a bien bu, bien mangé...
Trompée par l’apparence, la chèvre répond d’une voix de plus en plus plaintive : « Non, je n’ai point bu, point mangé, point ferligoté plein mon gosier ! »
— Ah, ah ! dit le mari outré de colère : je te surprends, belle chèvre menteuse ! Mais tu as fini de mentir ! Et avant de faire mourir ma femme et me rendre injuste envers elle par les reproches immérités dont je l’accable, tu vas être punie de manière que tu ne pourras plus mentir ni à moi ni à d’autres. »
”
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Adélard Lambert,  Rencontres et entretiens

“ Le soir de cet heureux jour arrivé je n’eus rien de plus pressé que d’aller demander au père Jean de bien vouloir servir de parrain à l’enfant. Quoique parmi nous ce soit un honneur d’être demandé pour être parrain, le père Jean refusa, à ma grande surprise.
J’insistai tellement, toutefois, qu’à la fin, il ne put refuser plus longtemps, mais il me dit :
« J’accepte... mais ton enfant ne vivra pas au-delà de deux ans... car je suis un parrain de malheur. Tous mes filleuls sont morts. Je t’avertis donc ; pas de reproches de toi, plus tard. »
”
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