Résumé

A. Dauval De l'influence d'Agnès Sorel : étude simple… (1871)

Le comte, dont la douleur était extrême, ne pouvait détacher les yeux de ce visage où l'empreinte d'un autre monde était déjà marqué. Et comme l'amour l'avait rendu superstitieux, il vit, dans l'être adoré qui lui échappait, le châtiment de sa conduite passée. Vous vous abusez, dit-il d'une voix que la douleur faisait trembler.
Etes-vous sincère, fit Gabrielle en le regardant ?. Le comte se cacha le visage. En ce moment, M. Gontran entra. La pâleur et l'affaissement de sa fille le terrifièrent. Après avoir
serré la main du jeune homme, il lui dit d'un ton triste : « Votre mère est ici. »
Source : Gallica

A. Dauval De l'influence d'Agnès Sorel : étude simple… (1871)

Le comte la regarda et tressaillit. Il sembla voir dans ses yeux le reflet d'un autre monde. Gabrielle interpréta savamment son frisson. C'est toi qui l'as voulu, dit-elle en cachant sa tête sur l'épaule de son amant. Ils restèrent un moment sans voix, confondant ensemble leurs larmes.
Il est beau l'amour dans deux cœurs jeunes et purs! Que de sensations il contient! Quels sublimes élans il fait naître ! Et de quoi n'est-on capable pour lui !. L'un brave les préjugés de la naissance, l'autre affronte les plus grands dangers!.
Source : Gallica

A. Dauval De l'influence d'Agnès Sorel : étude simple… (1871)

Deux mois écoulés, dans toutes les délices d'un amour sincèrement partagé, furent un rêve pour le comte. Gabrielle, malgré sa fermeté, avait un peu transigé. Il est facile de parler raison , loin de l'objet aimé , mais une fois en sa présence, ce bel échafaudage disparaît comme s'il n'avait jamais existé. Sous l'impulsion d'un pareil sentiment, Gabrielle buvait tour à tour à la coupe de l'ivresse et à celle du désespoir : l'ivresse était son amour : son désespoir était sa vie qui s'échappait. Ses
craintes étaient fondées.
Source : Gallica

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