Marie-Louise Gagneur,
Trois Sœurs rivales
“ Mais Gabrielle, douée d’une organisation nerveuse, d’une imagination vive, d’une tendresse allant jusqu’à l’exaltation, désire l’amour comme le prisonnier désire le grand air et la liberté. Ainsi que l’œillet dont les pétales surabondants font crever l’enveloppe trop étroite du calice et ployer sa longue tige, ainsi Gabrielle sent déborder le trop plein de son cœur. Sa démarche s’allanguit, sa taille souple s’incline, son regard devient fiévreux, ses narines roses, s’agitent parfois comme si elles aspiraient quelque volupté secrète ; elle est prise, sans motif, de fous rires et de larmes. ”
