Résumé

Portrait de Adolphe Guéroult Adolphe Guéroult Revue des Deux Mondes T.90, 1870

Aujourd’hui la république n’est le produit ni d’un besoin impérieux de nouveauté, ni d’un mouvement d’impatience populaire ; elle est née du péril public et des nécessités d’une situation effrayante. La France envahie, notre dernière armée, celle qui aurait dû couvrir Paris, battue et prisonnière à Sedan, l’empereur captif, aux Tuileries le gouvernement d’une femme étrangère entourée de conseillers suspects ou sans autorité ! jamais depuis la guerre de cent ans et la folie de Charles VI la France ne s’était trouvée dans de pareilles angoisses.
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Portrait de Adolphe Guéroult Adolphe Guéroult Revue des Deux Mondes T.90, 1870

Pendant que la France marchait ainsi vers la guerre sans trop s’en douter, la Prusse, obéissant à des rancunes vieilles de plus de soixante ans, y marchait de parti pris, organisait les armées de ses confédérés et les fondait dans les siennes, excitait l’Allemagne contre nous, et, abusant de notre hospitalité, couvrait notre sol d’une nuée d’espions qui, traités comme compatriotes et introduits dans nos familles, venaient en pleine paix, comme des voleurs de nuit, mesurer la hauteur de nos murailles et prendre l’empreinte de nos serrures.
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Portrait de Adolphe Guéroult Adolphe Guéroult Revue des Deux Mondes T.90, 1870

Quand tous les partis, tous les intérêts ont eu la parole, que la question est épuisée, la majorité dûment édifiée peut prononcer en toute sécurité. Ce qu’elle aura fait de la sorte ne sera pas défait, parce que la raison publique en sera le support et le soutien ; mais quand des inconnus, sans mandat, sans autorité, investis par accident d’un pouvoir de quelques jours, se hâtent d’improviser toute une législation pour assurer le triomphe de leurs passions, de leurs préjugés ou de leurs rancunes, comment peuvent-ils s’imaginer avoir fondé quelque chose ?
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