Résumé

Alfred Roussel Idées religieuses et sociales de l’Inde ancienne

Dhṛtarâṣṭra disait à Yudhiṣṭhira dont il vantait les qualités et les vertus : « Où est l’intelligence, là est la tolérance » [183] .
La tolérance, ou mieux le calme, la paix de l’âme, c’est, suivant la glose, le fruit de l’intelligence, de la sagesse. C’est une vertu que l’on acquiert à l’aide d’une autre vertu » Cette placidité d’esprit, ce calme imperturbable qui permet au sage d’affronter sans faiblesse les plus grands périls, les Hindous le préconisent d’une façon toute spéciale ; c’est leur vertu favorite.
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La glose est formelle, une femme pouvait s’unir à tout homme à qui elle inspirait le feu de la passion. Une telle promiscuité ne pouvait se recommander que d’Agni, le dieu du feu et conséquemment celui des ardeurs passionnées. L’Inde n’échappa donc pas toujours à la contagion qui porta les idolâtres à déifier les penchants de la nature, et pourtant sa morale parut supérieure à celle de la plupart des autres nations païennes.
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Observons cependant que Duryodhana se débarrassait un peu lestement d’un censeur, importun sans doute, mais qu’il eût bien fait d’écouter. Il est vrai que Yudhiṣṭhira n’était guère plus raisonnable, lorsqu’il tenait ce langage :
« C’est l’Ordonnateur qui décrète pour les êtres le bien et le mal. On ne saurait s’y soustraire... Je jouerai donc... bien que je sache que les dés me seront funestes ; je ne puis faire autrement » [312] .
Cette morale dont le fatalisme est l’essence n’a rien de bien sévère, puisqu’elle autorise, en réalité, tous les abus, tous les excès.
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