“ Gândhârî dit : « Ce genre de mort n’était pas celui qui convenait à mon fils, puisque tu le loues, quoiqu’il ait commis toutes les fautes que tu m’as dites. 393. Mais, quand Nakoula eut ses chevaux tués par Vrishasena, ô Bharatide, en buvant dans le combat le sang qui sortait du corps de Dousçâsana, 394. Tu commettais une action terrible, cruelle, blâmée par les gens de bien, (qui ne pouvait être) accomplie que par un homme vil. (Cette manière d’agir) n’était pas convenable, ô Bharatide. » ”
Gandhari
Définition et enjeux
Citations sur “Gandhari”
“ Argument : Mention est faite du Kambojien du roi de Kalinga, de Vrihadbala, des fils de Dhrishtadyoumna, des cinq frères Kekayens, de Droupada, de Dhrishtaketou et de son fils, de Vinda et d’Anouvinda. Gândhârî décrit en même temps la douleur des femmes de ces héros ; puis elle s’évanouit de douleur. Ayant repris connaissance, elle maudit Krishna pour n’avoir pas empêché la guerre et lui prédit que les Yadouides se détruiront les uns les autres. Réponse de Krishna. 706. Gândhârî dit : Vois le roi du Kamboja, habitué aux couches de son pays, le Skanda des taureaux des hommes ! ”
“ Argument : Gândhârî montre à Krishna le chagrin de ses belles filles et lui rappelle les conseils qu’elle a donnés à son fils. Rappel des circonstances relatives à Dousçâsana. 519. Gândhârî dit : Vois, ô Madhavide, mes cent fils, inaccessibles à la fatigue, ont été tués, pour la plupart, par la massue de Bhîmasena ! 520. Ce qui est le plus pénible pour moi, c’est (de voir que) mes brus, les cheveux épars, (quoique) jeunes (encore) , ayant leurs fils tués dans le combat, courent maintenant de côté et d’autre. ”
Alfred Philibert Soupé, Études sur la littérature sanscrite
“ Ces frères vivent en bon accord ; c’est à la génération suivante que les haines et les luttes doivent éclater. Bhîchma, leur aïeul, fait, demander par Dhritarâchtra la main de la fille de Soubala, roi de Gândhâra ou Kandahar ; celui-ci, après quelque hésitation, accepte ce gendre, infirme, il est vrai, mais issu d’une si noble famille ; quant à la jeune fille, Gândhârî, en sachant que son fiancé est aveugle, elle prend un morceau d’étoffe, le plie en quatre, se l’applique sur les yeux comme un bandeau et jure de le garder sans cesse, en s’écriant : « Mon mari n’aura rien à m’envier ! » ”
Alfred Philibert Soupé, Études sur la littérature sanscrite
“ On élève un vaste amphithéâtre, dont les gradins sont envahis par une foule de prêtres et de guerriers, de marchands et de gens du peuple : le souverain aveugle Dhritarâchtra, sa fidèle Gândhârî, ses autres femmes, ses ministres et ses courtisans occupent les sièges d’honneur ; le précepteur Drona, vénérable par la blancheur de sa barbe, de sa chevelure et de ses vêtements, préside au sacrifice, sans lequel il n’y avait pas de fête possible ; à un bruit immense succède un silence religieux, et le signal est donné. ”
Alfred Philibert Soupé, Études sur la littérature sanscrite
“ Les bardes chantent des hymnes de deuil; on prépare les sacrifices, les ablutions, les parfums : on construit des bûchers, où s’accumulent les arcs, les piques, les timons de chars, les bannières déchirées et les héros sans vie; la flamme jaillit et dévore tout. Mais Gândhârî ne peut s’empêcher de maudire ce Krishna, dont le secours tout-puissant a amené la victoire des Pàndavas et la ruine des Couràvas, et cette malédiction d’une mère s’accomplira, même lancée contre un être divin. ”
Alfred Roussel, Idées religieuses et sociales de l’Inde ancienne
“ Bhîṣma, Droṇa et Gautama, le sage, s’écrièrent : « Puisse-t-il [nous arriver] du bonheur, puisse-t-il [nous arriver] du bonheur ! » [146] Vidura et Gândhâri décidèrent le roi des Kurus à refréner l’insolence de son fils Duryodhana. Il adressa de bienveillantes paroles à Draupadî et lui promit de lui accorder ce qu’elle voudrait. Elle demanda tout d’abord la liberté de Yudhiṣṭhira ; puis, sur l’invitation du vieux prince qui se déclarait prêt à lui accorder une nouvelle faveur, elle réclama celle des autres Pâṇḍavas. ”
“ Après la naissance des enfants de Dhritarâshtra et des fils de Kountî, reprit Vaîçampâyana, la fille du roi de Madra dit en particulier ces mots à Pândou : 4836. « Mon chagrin ne vient pas de ton impuissance, vainqueur des ennemis ; il ne vient pas, homme sans péché, de l’infériorité, où je vis sans cesse à côté d’une rivale, qui fut digne de grâces. 4837. » Quand on m’eut appris que Gândharî avait donné le jour à cent fils, cette nouvelle, rejeton de Kourou, ne me fit même aucune peine. ”
Chefs-d'oeuvre du théâtre indien… (1828)
“ Couvéra. Ils sont fils de Casyapa et d'Arichtâ. GANDHARA, province qu'on appelle aujourd'hui le Candahar, placée entre le nord de l'Inde et la Perse. GANDHARl, fille du roi Gândhûra, qui descendait du prince Drouhya fils d'Yayâti, et qui régnait dans le Gândhâra, aujourd'hui le Candahar. Gandhari avait éifimé Dhritarâchtra, et fut la mère des princes Côravas. Elle eut la douleur de survivre à sa nombreuse famille. - Gkiiisk, dieu de la sagesse , fils de Siva et de Pârvaei. On le représente sous la forme d'un homme gros et court, avec un gros ventre et une tête d elephant. ”
Henri Focillon,
L’Art bouddhique
“ Avec quelle sûreté l’artiste gandharien saisit le caractère essentiel d’une scène légendaire et sait en distribuer les éléments, de nombreux exemples nous permettent de nous en rendre compte, et la comparaison de ses œuvres avec les vieux médaillons des stupas est bien caractéristique encore à cet égard. ”
René Grousset,
Histoire de l'Asie.... Tome 2
(1921-1922)
“ Mais à côté de cette dégénérescence, commune à l'art gréco-romain tout entier, l'art gandharien subit une évolution particulière : il s'indianisa de plus en plus à mesure qu'il vieillissait, et aussi à mesure qu'il s'éloignait de son berceau pour s'enfoncer à l'intérieur du monde gangétique. Les types extrêmes de cette évolution sont le style de Péchawer et le style du Bengale. A Mathoura, dans le Doab, on assiste à la transition entre ces deux styles. ”
René Grousset,
Sur les traces du Bouddha... (6e édition…
(1929)
“ Quand les Indo-Scythes descendus de l'Asie centrale eurent remplacé les Grecs, ils paraissent avoir marqué la même prédilection pour le pays gandhârien. De fait, c'est à Purushapura ou Peshawar que leur grand empereur Kanishka avait eu sa résidence d'hiver, tandis que Kâpiçî, dans les montagnes afghanes, lui servait de résidence d'été. Ce que fut à cette époque la civilisation du pays gandharien, c'est ce que nous apprennent les statues, les bas-reliefs et aussi les monnaies qui, à Charsadda, à Sahri-Balol, à Hoti Mardan, à Shâhbâz Garhi, sortent partout et par centaines de ce sol classique. ”
René Grousset,
Histoire de l'Asie.... Tome 2
(1921-1922)
“ Avec l'étonnante faculté d'adaptation qui caractérisait leur race, les artistes grecs établis dans l'Inde ne tardèrent pas à prendre leurs modèles dans le milieu où ils se trouvaient. Chaque jour les fouilles du Nord-Ouest nous livrent quelques nouvelles statues gandhariennes, au type directement emprunté au milieu indien. ”
Joseph Hackin,
Guide-catalogue du Musée Guimet…
(1923)
“ Le site de Taxila, fouillé méthodiquement par les équipes du service archéologique de l'Inde, sous la direction de Sir John Marshall, a livré un ensemble de documents du plus haut intérêt, traits d'union entre les sculptures gandhâriennes des Ier et IIe siècles de notre ère, et les oeuvres plus tardives des coroplastes du Turkestan (Tumshuq et Yotkân) . La trouvaille n'est pas pour nous surprendre : nous savions que des barbares, Scythes et Parthes, avaient prolongé l'existence des poncifs hellénisants ”
René Grousset,
Histoire de l'Asie.... Tome 2
(1921-1922)
“ Le vêtement est purement hindou, mais l'écharpe qui passe sur l'épaule gauche et que soulève la main droite, garde le mouvement d'une belle draperie hellénique. Quant à la tête, c'est celle d'un jeune héros, non plus fade et amollie comme tant d'autres statues gandhariennes, mais d'une mâle beauté. ”
“ Élève ton vol au-dessus de la mer, et dirige-toi, héros à la grande vigueur, à la vaste science, vers le mont Gandhamâdana! Explore ces lieux où croît la plante fortunée, qui fait tomber les flèches des blessures. Là, sont deux rois Gandharvas, nommés Hâhâ et Hoûhoû. Trente millions de guerriers Gandharvas à la force immense habitent cette montagne délicieuse, couverte de lianes et d'arbres variés. Il te faudra soutenir contre eux, on ne peut en douter, un combat épouvantable. ”
René Grousset,
Histoire de l'Asie.... Tome 2
(1921-1922)
“ « C'est le type qui a passé du Népal au Tibet, qui a conquis Ceylan, l'Indo-Chine, les îles de la Sonde, et, par ces deux voies, a gagné la Chine, en même temps que le type du Gandhara y arrivait plus pur par la route du Nord-Ouest. Mais si Hindous ou Chinois soient-ils, tous ces bouddhas, à travers tous ces intermédiaires, sem- blent toujours pouvoir se ramener au prototype du Gandhara (3) . » (1) L'art du Gandhara suivit en effet une évolution entièrement parallèle à celle de l'art romain. Comme l'art romain, il fleurît pendant les trois derniers siècles de notre ère. ”
René Grousset,
Sur les traces du Bouddha... (6e édition…
(1929)
“ Avec leur tunique collante ouverte d'un seul côté sur un grand revers triangulaire, ce sont encore des « chevaliers de Qizil ». Et ce qui est le plus intéressant pour nous, c'est que ces héros de miniature persane voisinent sur le même « balcon » avec des rois sassanides traditionnels et barbus, à la tiare ornée du soleil et de la lune, avec des Bouddhas gandhâriens et avec des moines indiens. Sans doute y a-t-il lieu de se souvenir ici que ces cantons au sud de l'Oxus avaient été un moment, au milieu du sixième siècle, rattachés à l'empire sassanide par Khosrau Ier. ”
Société asiatique, Introduction du Buddhisme dans le Kashmir
“ La situation du Gandhâra, souvent cité par les historiens et les géographes grecs, et dont le nom se lit plusieurs fois dans les inscriptions cunéiformes perses, est fixée maintenant d’une manière indubitable, grâce surtout aux données si précises fournies par Hiouen-Thsang : c’était le pays situé sur la rive droite de l’Indus, à l’extrémité de la vallée de Kabul, et la ville actuelle de Peishaver représente l’antique Purushapura, capitale du pays de Gandhâra [60] . ”
“ Dis, Gandharva ! Peut-il exister rien, qui soit jamais la cause de notre défaite ? Les gens de bien, qui marchent avec la science des Védas, triomphent des ennemis, qui vaguent dans la nuit ! » 6494. « Vous n’aviez pas de feu perpétuel allumé, répondit le Gandharva, vous n’aviez aucune oblation, un brahme ne marchait pas à votre tête ; c’est pourquoi, fils de Pândou, je n’ai pas craint de vous attaquer. 6495. » Les Yakshas, les Rakshasas et les Gandharvas, les Piçâtchas, les Ouragas et les Dânavas se plaisent à raconter de longues histoires sur ta judicieuse famille. ”
James Augustus Grant, Les sources du Nil : voyage des capitaines Speke et Grant… (1877)
“ On traça des grandes routes d'un bout du pays à l'autre, et on jeta des ponts sur les rivières ; il fut défendu de bâtir une maison dépourvue des attenances nécessaires à sa propreté; personne, même parmi les plus pauvres, n'eut le droit de sortir sans vêtement. Toutes ces lois avaient pour sanction unique la peine de mort. Après le décès de Kiméra, la prospérité du Pays de Ganda ne fit qu'augmenter. L'espèce d'aristocratie officielle qu'il avait fondée se montrait aussi fière de sa servitude que le roi créé par elle pouvait l'être de la dominer. ”
Guillaume Alfred Heinrich,
Le Parcival de Wolfram d'Eschenbach et la légende du Saint-Graal…
(1855)
“ Gandin, roi d'Anjou, a deux fils, Galoès et Gamuret. A sa mort l'aîné hérite de ses États, l'autre cherche fortune en Orient et sert le kalife de Bagdad, Baruch, alors en guerre avec les princes de Babylone, Pompeius et Ipomidon, puis il erre en d'autres pays; le vent le jette sur la côte d'Afrique, où une belle princesse maure, Bélacane, est assiégée par le roi d'Ecosse Friedebrand et les Maures d'Assagog. Il la délivre, l'épouse; mais bientôt l'ennui d'une vie sédentaire lui fait abandonner Bélacane. ”
“ « Sauve-moi, éminente personne, dit la Gandharvî, et rends à mon époux sa liberté. Celle, qui implore ta miséricorde, seigneur, est une Gandharvî, qui a nom Kounibhlnaçî. 6470. Youddhishthira dit : « Qui pourrait tuer un ennemi vaincu dans le combat, dépouillé de sa renommée, sans force, n’ayant plus qu’une femme pour défenseur ? Ami, rends-lui sa liberté, meurtrier des ennemis ! » 6471. Arjouna de parler ainsi ; « Reçois la vie ; va-t-en : cesse de t’affliger, Gandharva. L’héritier du trône de Kourou, Youddhishthira te fait grâce. » ”
Louis-Nicolas Bescherelle, La mythologie de tous les temps… (1854)
“ GANDHART A. L'Apollon musicien des Indes, qui dirige, dans les Souargas, les chœurs des musiciens célestes appelés, de son nom, Gandharvas. (Voy. ClEL.) Lors-, qu'un Indien se marie, la fiancée, présentée d'abord au dieu Souaïambhouva, est remise par celui-ci à Gandharva, qui la confie à Agni, le dieu du feu, qui la sanctifie avant de la donner à l'époux. GANÉÇA, vulgairement GANÉSA. Fils de Parvati (Bhavani) et de Si va, ou de Parvati seule. Les variantes abondent sur sa naissance. Parvati était au bain, d'après une des légendes : elle concut un violent désir d'avoir un fils. ”
Guy de Maupassant,
Les Sœurs Rondoli
“ Puis j’atteignis enfin le terme de mon voyage, la ville de Ganhara, autrefois une des plus prospères de l’Inde centrale, aujourd’hui bien déchue, et gouvernée par un prince opulent, autoritaire, violent, généreux et cruel, le Rajah Maddan, un vrai souverain d’Orient, délicat et barbare, affable et sanguinaire, d’une grâce féminine et d’une férocité impitoyable. ”
Yves Urvoy, Histoire des populations du Soudan central… (1936)
“ Art. II. — LE GANGARA OU KATSÉNA-LAKA Avant les royaumes frères (ou fils) du Daoura qui subsistent encore, il faut parler rapidement d’un Etat disparu, mais qui a joué au moyen âge un rôle très important. Le Gangara doit son origine à des immigrés de l’ouest (actuel Soudan français) , qui finirent probablement par s’imposer aux autochtones, comme leurs successeurs peuls le feront au XIXe siècle. Son nom est une déformation de Wangara, ancien nom donné par les géographes arabes au pays de l’or de la Falémé, à l’actuel Bambouk, et étendu ensuite à peu près à toute l’actuelle colonie du Soudan. ”
Michel Ribaud,
Voyage du jeune Stanislas au Japon…
(1929-1935)
“ Certains orientalistes de grande autorité ne prétendent-ils pas que ce fut surtout au Ie et au 2e siècle de aotre ère que les artistes occidentaux ont apporté leurs modèles au Gandhara et qu'ils furent de ces grecs ou romains qui se sont répandus à cette époque dans l'Inde comme ils l'ont fait dans les pays méditerranéens, semant partout de simples copies des œuvres classiques de leur patrie? Nos savants ne conçoivent pas les rudes généraux d'Alexandre comme des pionniers de la civilisation héllénique. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde…
(1858)
“ Le Bérar, appelé anciennement Magnadesham, est situé vers les sources du Nerbouddha, du Mahanady et du Baïn-Ganga. La partie septentrionale du Bérar, qui est la plus montagneuse, s appelle Gandouana, du nom d'une nation à demi sauvage, les Gands. La province d'Orissa ou d Orirah est située sur le golfe de Bengale et s'étend depuis l'ancien royaume de Telingana jusqu'au Bengale ; son nom s écrit aussi Oriah, et c'est le pays d'Utkala des géographics sanskrites. En descendant la côte, on trouve le Karntik, qui s'étend jusqu'au pays de Mysore ou Maïssour et la rivière de Palaur. ”
Georges Révoil,
Voyages au Cap des Aromates (Afrique orientale…
(1880)
“ Grande est leur irritation, quand ils me voient dessiner leur ville, assis à l'ombre d'un rocher. Des groupes nombreux se forment alors. On se demande De Gandala à Bender Khor par terre et par mer. ce que peut bien faire cet Européen, qui note tout, qui interroge sur tout. Alors les mêmes appréhensions qu'à Merâya surgissent dans ces esprits ignorants, et l'on se porte en foule vers moi pour m'entraîner chez le cadi. Il m'attend sur la place. ”
Camille Viré, En Algérie : une excursion dans le département d'Alger (1888)
“ Comme nous sommes à l'époque la plus chaude de l'année, beaucoup sont en simple gandoura. La gandoura ressemble à la chemise des femmes d'Europe. Ces indigènes sont employés chez les Français, les tout petits gardent des troupeaux de boeufs et de vaches. C'est un spectacle curieux de voir courir autour de ces bêtes, énormes pour eux, ces minuscules enfants semblables, par leurs formes délicates, à des statuettes de bronze. ”
