“ Grièvement atteint dans le combat par le fils de Drona, l’archer du Gândîva à la haute intelligence ensevelit violemment le Dronide dans le combat sous les pluies de ses flèches et trancha l’arc de son rival. Le fils de Drona à l’arc coupé, ayant saisi une massue au toucher semblable à la foudre, l’envoya alors sur Kirîti. 3,231-3,232-3,233-3,234. Mais soudain, sire, le Pândouide en riant trancha dans son vol cette massue, ornementée d’or. 3,235. Elle tomba, déchirée sur la terre sous les traits du Prithide ; telle une montagne s’écroule, sire, sous un coup de la foudre. 3,236. ”
Drona
Définition et enjeux
Drona, figure centrale du Mahâbhârata, incarne le guerrier maîtrisant les arts martiaux et les armes divines. Ses exploits, tels que la bataille contre les Pândouides ou son affrontement avec le spectre surnaturel, révèlent une complexité narrative où la puissance brute se heurte à des forces mystiques.
Les textes, qu’ils soient en sanscrit ou interprétés par des auteurs comme Alfred Philibert Soupé, soulignent sa dualité : héros redoutable et victime de sa propre négligence. Le thème de Drona, étroitement lié à ceux de Bhishma ou de Karna, illustre l’entrelacs des destinées héroïques et tragiques dans l’épopée.
Citations sur “Drona”
“ Ces fils de rois ont péri victimes de leur négligence, eux qui avaient traversé, grâce à leurs différentes armes en guise de navires, l’Océan de Drona, dont le char (jouait le rôle d’un) étang. Couvert de joyaux, cet (Océan) avait des pluies de flèches pour vagues, et, pour navires les chevaux (du héros) ; pour poissons, il avait des lances et des épées, pour crocodiles et pour serpents l’étendard (de Drona) , son arc pour tourbillons, et ses grandes flèches pour écume. ”
“ Quand Drona, qui enseignait dans les batailles différents chemins par les armes, n’eut pas réussi à tuer, malgré ses diverses manières de combattre, les plus vaillants des Pândouides ; alors, Sandjaya, je n’ai plus conservé d’espérance pour la victoire. ”
“ PENSÉES DU FILS DE DRONA Argument : Le Dronide aperçoit à la porte (du camp) un fantôme d’aspect terrible, qui rend toutes ses armes impuissantes. Désarmé, il voit tout l’atmosphère rempli d’autres fantômes effrayants. Il réfléchit à son malheur et prend la résolution d’implorer le secours de Mahâdeva. ”
Alfred Philibert Soupé, Études sur la littérature sanscrite
“ Le fils de Drona rencontre sur sa route un fantôme énorme et surnaturel, tout taché de sang, ceint d'une peau de tigre, les épaules couvertes de la dépouille d'une antilope noire, ayant de longs bras, une gueule armée de dents hideuses, des milliers d'yeux, et vomissant de tous côtés des rayons et des flammes, à travers lesquels resplen- dit, indéfiniment multipliée, la figure de Wishnou, le dieu de la conservation. Açwatthâman lui décoche ses flèches, le timon de son char, son épée, sa massue; le fantôme dévore tout. ”
“ Ce Drona, le plus grand des guerriers, orné de ses armes, lui que les Kourouides mirent à leur tête pour aller au combat contre les Pândouides, 664. Lui dont la démarche, quand il consumait les ennemis, était pareille à celle d’un incendie (dévorant) , est tué et gît à terre, comme un feu dont la flamme est éteinte ! ”
“ Après avoir ainsi parlé, le tourmenteur des ennemis, fils du roi des Pâñcâlas, violemment saisi par son robuste (adversaire) , se tut. 340. Après avoir entendu ses paroles à peine intelligibles, le fils de Drona lui dit : « Ô opprobre de la terre, les mondes (supérieurs) ne sont pas faits pour ceux qui tuent leurs précepteurs . 341-342. Tu ne mérites donc pas de périr par l’épée, ô insensé. » En parlant ainsi, dans sa colère, il frappait très cruellement ce héros à coups de pied, dans les parties vitales. (Il le tua) , comme un lion tue un éléphant affolé. ”
“ Puis, quand cet astra eut été lancé par l’archer porteur de Gândîva, il s’alluma tout d’un coup un grand feu, pareil à celui qui, à la fin d’un youga, dévore le monde, 677. De même, l’astra du fils de Drona à l’énergie brûlante, s’alluma en produisant un grand feu, entouré d’un cercle de flammes, 678. De nombreux tourbillons de feu apparurent. Des météores tombaient par milliers, et une grande terreur s’empara de tous les êtres. 679. Le ciel parut entièrement rempli de bruit et de girandoles de feu. La terre trembla, avec ses montagnes, ses bois et ses arbres. ”
“ Ce (héros) irrité abattait par milliers les hommes terrifiés et découragés, comme (Roudra) maître des troupeaux (tue) les bestiaux. 448. Le fils de Drona broyait tous ceux qui s’étaient couchés à terre, ceux qui se tenaient accrochés les uns aux autres, ceux qui couraient, ceux qui s’étaient cachés et ceux qui combattaient. 449. Ce (brahmane) , qui était à ton service, conduisait alors au séjour d’Yama, les uns et les autres, les guerriers qu’il avait tués et ceux que le feu consumait. ”
Gustave Boisson, Les veillées vendéennes : contes en vers (1892)
“ Quant vient l'heure où les ennemis, Dont la troupe déjà s'empresse, Vont occuper la forteresse Ainsi qu'on le leur a promis, La Droin, hélas! bien chagrinée, Fait abattre sa haquenée, Bête superbe à l'œil ardent, Toute blanche, sans une tache, Qu'elle aimait beaucoup cepen-dant. Du corps de la bête on arrache Tous les intestins avec soin, On la vide bien et la Droin Au mitan du ventre se cache ; Puis on recoud tant bien que mal La peau de ce pauvre animal. La dame, ne vous en déplaise, N'y devait pas être à son aise. ”
Jules Verne,
Robur-le-conquérant
“ Ils se figurent qu’ils seront maîtres d’un aérostat comme on est maître d’un navire à la surface des mers. Parce que quelques inventeurs, par des temps calmes, ou à peu près, ont réussi, soit à biaiser avec le vent, soit à remonter une légère brise, la direction des appareils aériens plus légers que l’air deviendrait pratique ? Allons donc ! Vous êtes ici une centaine qui croyez à la réalisation de vos rêves, qui jetez, non dans l’eau, mais dans l’espace, des milliers de dollars. ”
E. M. Maurice Lemoine, La responsabilité des navigateurs aériens à l'égard des tiers à la surface (1935)
“ Les appareils multimoteurs ont de moins en moins à redouter la panne en vol. Les matériaux employés et les méthodes de construction font régresser constamment le risque de casse en l'air. La radiotélégraphie, la radiogoniométrie relient toujours plus étroitement l'appareil au sol, le conseillent dans son vol et le guident dans ses atterrissages. Le pilotage sans visibilité triomphe de la brume et de l'obscurité. Les appareils de pilotage automatique donnent aujourd'hui de très bons résultats et tout porte à croire qu'ils en donneront sous peu d'excellents. ”
“ Ce qui n’est malheureusement que trop certain, c’est que la descente en vol plané et, plus généralement, l’atterrissage, opéré de quelque façon que ce soit, dans des conditions de sécurité convenables, est, à l’heure actuelle, pour tous ceux qui s’intéressent à l’Aviation, un problème des plus obsédans, des plus ardus, qui domine la nouvelle science et dont la solution est digne de tenter tous les chercheurs. ”
Gaston Tissandier,
La Navigation aérienne
“ L’école du vol aérien peut être divisée en deux systèmes différents. On peut essayer de s’élever de l’air par le battement d’ailes artificielles ; c’est ce mode d’action que nous venons d’étudier ; on peut encore tenter de s’insinuer en avant, à l’aide d’un plan incliné agissant sur l’air et poussé par un moteur. Le plan incliné peut avancer horizontalement ; il constitue alors l’aéroplane que nous examinerons dans la suite ; il peut encore tourner en forme d’hélice, il constitue dans ce cas l’hélicoptère qui fait l’objet de ce chapitre. ”
Jules Verne,
Maître du monde
(1904)
“ En tout cas, si l’appareil se soutenait et se mouvait en l’air, c’était grâce à ces grandes ailes rabattues, à l’état de repos, sur ses flancs, comme des dérives. C’était donc le système du « plus lourd que l’air », appliqué par l’inventeur, — système qui lui permettait de se transporter dans l’espace avec une vitesse supérieure peut-être à celle des plus puissants oiseaux. ”
Jules Janssen, Oeuvres scientifiques. Tome 2 (1929-1930)
“ Oui, Messieurs, le XXe siècle, auquel nous touchons et dont nous pouvons dès maintenant saluer l'aurore, verra réalisées les grandes applications de la navigation aérienne et l'atmosphère terrestre sillonnée par des appareils qui en prendront définitivement possession, soit pour en faire l'étude journalière, soit pour établir sur le globe des communications qui se joueront des accidents de sa surface. ”
Louis Taverne, Aviation naturelle. Études sur la mécanique animale en vue d'applications aux machines locomotrices et spécialement à l'aéroplane… (1931)
“ C'est qu'alors mon écran tournait plus vite que l'aile, et me montrait les segments successifs de sa trajectoire dans l'ordre inverse : 10, 9, 8, 7, 2, 1. (Tout le monde a remarqué au cinématographe, la rotation très ralentie de l'hélice des aéroplanes en marche ; ce phénomène s'explique exactement comme ci-dessus par les éclipses régulières de l'appareil enregistreur) . L'insecte étant fixé, on n'a pas d'ailleurs, la reproduction exacte du vol naturel : le corps ne pouvant obéir à la réaction de l'air, les ailes sont poussées par celle-ci vers le haut et l'avant d'une façon exagérée. ”
Clément Ader,
L’aviation militaire
“ Ne se trouverait-il pas des aéroplanards qui, pour de l’argent, prendraient un compagnon venant tout droit d’un état-major étranger, pour l’emmener planer sur les aires et les places fortes, et à l’aide de la photographie dresser très exactement les plans de tous nos ouvrages de défense aérienne ; découvrir où sont les entrées des poudrières souterraines pour mieux les torpiller plus tard ; compter les avions sur les aires et surprendre le secret de leurs manœuvres ? ”
P. Banet-Rivet, Revue des Deux Mondes
“ Conformément à ce que nous venons d’exposer, les expériences de ce nouvel émule de Dédale étaient simplement destinées à apprendre à l’homme la pratique du vol plané, c’est-à-dire du genre de vol dans lequel l’oiseau, après avoir éteint ses battemens d’une façon progressive et complète, se laisse glisser sur l’air, les ailes, immobiles et largement étendues, formant un parachute incliné sur la direction du vent qui, par sa pression, suffit à les soutenir. ”
Louis-Pierre Mouillard,
Le vol sans battement
(1912)
“ L’aile de nos appareils doit avoir au moins quatre mètres : concluez vous-mêmes. Il faut donc abandonner l’idée enracinée que, pour voler, il faut absolument frapper l’air, faire l’effort violent de renonciation à nos idées reçues et parfaitement établies, on devrait dire fixées, vissées en nous depuis notre naissance... qui nous disent qu’on ne vole qu’en battant des ailes. Il faut laisser nos rêveries irréalisables du vol gracieux : le passereau, l’insecte doivent être oubliés comme évolution, et reporter nos pensées sur le glissement. ”
Félix Nadar, À terre & en l'air
“ Mais la difficulté consiste alors à trouver un moteur, une machine qui, prenant son point d'appui dans l'air, ait assez de force d'une part pour soutenir l'aéronaute contre la pesanteur, de l'autre pour le faire avancer et marcher. La nature nous offre dans le vol des oiseaux ce double effet obtenu d'une manière admirable. Les oiseaux lourds, tels que le Condor, l'Aigle, le Cygne, le Dindon aborigène, pourvus d'ailes d'une dimension moyenne, sont d'excellents voyageurs aériens, tant pour la hauteur qu'ils atteignent que pour les immenses trajets qu'ils franchissent. ”
Henry de Graffigny, Les aéroplanes : historique, calcul et construction (1909)
“ Dans ce vertigineux élan qui nous permettra de traverser des océans immenses, les surfaces d'appui, les plans de l'appareil, devront se replier, disparaître presque, pour se déployer de nouveau dès que la vitesse faiblira, précisément comme font les oiseaux dont le vol est le plus rapide, et les papillons qui plient et déplient à volonté le merveilleux éventail de leurs ailes. ”
Gaston Tissandier,
En ballon! Pendant le siege de Paris
“ Les aérostats, malgré leurs imperfections, sont aujourd'hui les seuls appareils, ne l'oublions pas, qui nous permettent de rivaliser avec l'oiseau, de sillonner l'étendue de l'atmosphère, de quitter le plancher terrestre, où, sans eux, nous serions impitoyablement attachés ”
Henry de Graffigny, A travers l'espace, aventures d'un aéronaute
“ Le spirituel photographe, qui s'était pris d'un beau feu pour la navigation aérienne, comptait, par l'exhibition d'un immense aérostat, réaliser des recettes assez élevées pour payer la construction d'un hélicoptère mécanique capable d'enlever plusieurs voyageurs et d'évoluer en tous sens avec une prodigieuse vitesse à travers l'atmosphère. ”
Gaston Deschamps,
Revue des Deux Mondes
“ Le vol des avions plane au-dessus des forêts, des champs, de la rivière, et surveille de tous côtés l’horizon champêtre. On reconnaît le ronflement des moteurs américains, très reconnaissable à une certaine intensité de vibration qui emplit comme d’un bruit d’ailes palpitantes le ciel sonore. ”
Charles Derennes,
Vie de Grillon
“ Ainsi la plupart des coléoptères sont de merveilleux aéroplanes naturels, aux ailes fixes, et que la force tourbillonnante, quasi hélicoïdale des bouts d’élytres, entraîne dans l’espace avec une rapidité considérable, mais aussi avec des difficultés au départ et à l’atterrissage qui font penser à l’infirmité la plus pénible du vol humain tel que notre génération l’aura pratiqué. ”
Louis-Pierre Mouillard,
Le vol sans battement
(1912)
“ Là, est certainement la vraie voie à suivre pour arriver à l’aviation si, pour une cause ou pour une autre, on ne veut pas se servir du vol à la voile. AÉROPLANE FIXE L’aéroplane fixe, c’est-à-dire dont les ailes sont immobilisées dans la position de planement, qui ne peut pas battre, s’impose ou peu s’en faut. Des sept ou huit aéroplanes que j’ai eus entre les mains, un seul était facilement maniable : la légèreté est une condition essentielle de la réussite ! Un appareil lourd n’est pratique ni comme relèvement ni comme abaissement des ailes. ”
Louis-Pierre Mouillard,
Le vol sans battement
(1912)
“ Il est un autre mode de se transporter dans le milieu aérien qui est employé par l’oiseau de forte masse, c’est le vol plané, mode de translation qui est absolument l’antithèse de celui des petits oiseaux, procédé duquel on peut dire que, s’il n’est pas exactement inimitable, il a cependant résisté jusqu’à ce jour à tous les efforts intellectuels de l’humanité qui désirait le reproduire. ”
Gaston Tissandier,
La Navigation aérienne
“ La vue des insectes et des oiseaux qui volent dans l'air a souvent donné aux mécaniciens l'idée d'imiter la nature et de construire des appareils volants artificiels, soit en petit, à titre expérimental, soit en grand, pour élever un homme et lui donner les facultés de se mouvoir au sein de l'atmosphère. ”
Arthur Batut,
La photographie aérienne par cerf-volant
“ La Photographie aérienne est-elle une simple curiosité ou peut-elle réellement rendre des services ? Aujourd’hui le doute n’est plus permis. Nous voyons la plupart des États créer des compagnies d’aérostiers qui toutes sont munies d’appareils photographiques. Mais nous croyons que les applications de la Photographie aérienne seront bien plus nombreuses grâce au procédé que nous exposons ici et qui, par sa simplicité et le prix insignifiant des appareils qu’il réclame, est mis à la portée de tous. ”
Charles Nordmann, Revue des Deux Mondes
“ Quand l’observation terrestre n’est pas possible, on emploie l’observation aérienne complétée par la photographie, et ce sont surtout les photographies prises par les avions de reconnaissance qui permettent de reporter sur les cartes, au moyen d’ingénieuses méthodes de reconstitution, les principaux retranchemens de l’ennemi et ses positions de batterie. ”
Hiram Stevens Maxim,
Le vol naturel et le vol artificiel
(1909)
“ Les ingénieurs et les mathématiciens qui ont écrit pour prouver que les machines volantes étaient impossibles, ont généralement évalué le rendement des aéroplanes en mouvement dans l'air, en se basant sur ce que la poussée ascendante serait égale à la pression d'un vent soufflant contre le plan à la vitesse à laquelle l'air était chassé vers le bas par le plan lorsqu'il vole dans l'air. ”
René Lorin,
L’Air et la Vitesse
“ Augmenter, augmenter toujours la vitesse. À chaque vitesse maxima propre d’avion, correspond une forme générale, une famille de plus en plus robuste, à mesure que la vitesse croît. L’aéroplane vraiment solide, qui sera une construction, avec des matériaux de choix, sans fil tendeur d’aucune sorte, différera complètement de la forme de l’oiseau, il aura une forme propre, originale, rappelant plus celle du projectile, œuvre humaine, que celle de l’oiseau, œuvre de la nature. ”
Charles Nordmann, Revue des Deux Mondes
“ Puisque, à leur encontre, toute notre activité aérienne a été exclusivement polarisée vers l’aviation, nous serions donc impardonnables de ne pas les survoler de tout l’essor d’une supériorité complète dans cette voie qui est la bonne. Mais il y faut travailler. Aide toi, le ciel t’aidera, même s’il ne s’agit que de ce petit ciel atmosphérique où volent les oiseaux de combat. ”
