André Sainte-Laguë

Résumé

André Sainte-Laguë Le monde des formes (1948)

Nous ne sommes pas, en effet, habitués à voir une simple image donner un tel effet de représentation correcte du monde extérieur. Une photographie n'est jamais pour nous qu'un document en noir sur blanc n'ayant pas l'intensité de vie des choses que nous voyons et sa puissance d'évocation est très limitée.
Voici au surplus une expérience qui montrera, ou bien que la convergence des regards n'est pas, comme nous le disions, aussi essentielle qu'on le croit à l'impression de relief et de distance, ou bien qui soulignera la bonne volonté qu'apporte notre œil à interpréter et à comprendre.
Source : Gallica

André Sainte-Laguë Le monde des formes (1948)

Notre sens du beau résulte donc surtout de ce que nous sommes des hommes. Cette longue file d'ancêtres dont nous descendons, ancêtres qui tous ont vécu, humé l'air, bu aux sources, couru à la surface de cette bonne Terre nourricière, vu les plantes, les bêtes, le ciel et les étoiles, réfléchi à tout cela, cette longue file d'êtres humains nous a transmis sa connaissance du monde et ses sentiments sur le beau. Tout cela est inscrit dans notre chair, dans nos organes des sens, dans nos muscles, dans notre cerveau et c'est tout cela qui constitue notre sens profond de la vie et du beau.
Source : Gallica

André Sainte-Laguë Le monde des formes (1948)

Au surplus, une statue en couleurs qui aurait la taille d'un homme et qui prétendrait nous le représenter fidèlement nous ferait un peu horreur comme les figures de cire du musée Grévin. Si fidèle que soit l'imitation, l'immobilité d'une telle reproduction, peut-être parce qu'elle évoque la mort et nous fait penser à un cadavre, nous paraît anormale et nous inquiète. Il nous semble que l'on a voulu nous tromper, alors que le dessin au crayon d'un artiste sur son album, tout conventionnel qu'il soit, et parce qu'il ne prétend pas nous donner une illusion, nous paraît agréable à regarder.
Source : Gallica

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