“ Mais, qu’en revient-il à l’esclave ? rien, car son corps même ne lui appartient pas, et si un colon ou un créole casse un bras à un nègre, le maître de celui-ci reçoit une indemnité pour le membre qu’il a perdu. L’esclave ne peut exiger d’un blanc le paiement d’une dette ni intenter aucune affaire judiciaire. Ainsi, s’il a prêté à un blanc le fruit de ses économies, et que celui-ci nie sa dette, il n’y a aucun recours pour le créancier. Quelques colons ont prétendu que nous nous faisons une fausse idée du fouet, emblème d’autorité, disent-ils, plutôt qu’instrument de punition et de châtiment. ”
B
Résumé
Revue des Deux Mondes, rédaction collective dirigée par l’auteur B, est une publication périodique du XIXe siècle qui examine les enjeux sociaux, politiques et culturels à travers le monde. À travers des articles et des récits, elle traite de la condition des esclaves, des inégalités structurelles, des conflits entre colonisateurs et populations autochtones, ainsi que des défis de la modernisation.
Les thèmes de l’esclavage, de la justice sociale et de la coexistence interculturelle y sont abordés avec une acuité critique, illustrés par des exemples concrets tirés des Amériques, de l’Asie et de l’Afrique. L’œuvre, marquée par une réflexion sur le bien-être collectif et les droits humains, met en évidence les tensions entre progrès civilisationnel et persistance des injustices, en particulier dans les colonies.
Citations de Revue des Deux Mondes (B)
“ Quand je considère que l’Être suprême m’a fait l’image de sa bienfaisance sur la terre, et que sa miséricorde s’étend sur toutes les créatures, je crois indigne de mon caractère d’appeler la force à mon aide. Il est notoire que cinq parties de la population sur dix, sont composées d’Indous, adorateurs des images ; tout ce qui a rapport au commerce, aux manufactures et autres branches d’industrie lucrative, est leur partage exclusif. ”
“ On a long-temps cru que l’Amérique était toujours demeurée étrangère à la civilisation. M. le baron de Humboldt, dans son bel ouvrage sur ce continent, et M. Warden, dans un savant Mémoire sur ses antiquités, ont prouvé que les arts n’ont pas été inconnus à ses habitans. La précieuse collection que M. Baradère a apportée du Mexique, jette un nouveau jour sur l’histoire et l’industrie d’un peuple qui a dû précéder ces Mexicains dont Fernand Cortès triompha avec tant de facilité. Jusqu’ici on n’a vu que l’Égypte. Les monumens de l’Amérique sont également dignes de fixer l’attention des savans. ”
