Résumé

Portrait de Bob Black Bob Black L’Abolition du travail

Par « jeu », j’entends aussi bien la fête que la créativité, la rencontre que la communauté, et peut-être même l’art. On ne saurait réduire la sphère du jeu aux jeux des enfants, aussi enrichissants que puissent être ces premiers amusements. J’en appelle à une aventure collective dans l’allégresse généralisée ainsi qu’à l’exubérance mutuelle et consentie librement. Le jeu n’est pas passivité. Il ne fait aucun doute que nous avons tous besoin de consacrer au pur délassement et à l’indolence infiniment plus de temps que cette époque ne le permet, quels que soient notre métier ou nos revenus.
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Dans certains cas, il n’est pas trop erroné de nommer notre système démocratie ou capitalisme ou, plus précisément encore, industrialisme ; mais les appellations les plus appropriées sont fascisme d’usine et oligarchie de bureau. Quiconque prétend que ces gens sont libres est un menteur ou un imbécile. On est ce que l’on fait. Si l’on s’adonne à un travail monotone, stupide et ennuyeux, il y a de grandes chances pour que l’on devienne à son tour monotone, stupide et ennuyeux.
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En abolissant le travail salarié et en réalisant le plein-chômage, nous sapons la division sexuelle du travail. La famille nucléaire telle que nous la connaissons provient d’une adaptation inévitable à la division du travail qu’impose l’esclavage salarié moderne. Qu’on le veuille ou non, telles que sont les choses depuis un ou deux siècles, il a longtemps été plus rationnel sur le plan économique que ce soit l’homme qui gagne le pain du ménage – pendant que la femme se tape le boulot de merde afin que son compagnon y trouve un doux refuge, à l’abri de ce monde sans cœur.
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