Résumé

Portrait de Brada Brada,  Madame d'Épone

“ Après cinq années de mariage, Berthe de Rollo avait un cœur dont l'innocence était intacte. Cela arrive plus souvent qu'on ne le croit dans les unions pures et respectées, et l'ignorance de certaines jeunes femmes, mères souvent de plusieurs enfants, serait un sujet d'incrédulité et de moquerie pour la plupart des hommes. En devenant femme, en devenant mère, Berthe de Rollo avait conservé la pudeur innocente de sa virginité ; son mari l'aimait avec passion, mais avec un respect si grand qu'il la considérait comme une chose sacrée dont il devait avoir un soin jaloux. ”
Source : Gutenberg

Portrait de Brada Brada,  Madame d'Épone

“ Laisser une femme sous le coup d'une suspicion fausse ou en trahir une autre, il n'y avait pas de choix, et son râle à lui était forcément pitoyable. Mme d'Épone lui inspirait un respect et une compassion infinis ; il aurait voulu pouvoir accomplir quelque acte noble ou courageux afin de ne pas rester si inférieur à elle, et, au milieu de sa réelle souffrance, il se connaissait encore assez pour savoir que, dans quelques mois, il aurait oublié, et qu'elle était blessée à jamais. Il lui avait volé sa fille aussi complètement que si Berthe eût tout quitté pour le suivre. ”
Source : Gutenberg

Portrait de Brada Brada,  Madame d'Épone

“ Puis, de nouveau elle sentait la main de son enfant caressant son visage, et, soudain, la terreur de l'abîme passait sur son âme, une rougeur ardente couvrait ses joues, et elle cherchait des yeux Raymond et surtout sa mère ; elle était là, si belle dans le noble repos de son visage sérieux, si jeune encore avec ses cheveux magnifiques dont la lumière faisait miroiter les ondes noires ; elle était là, et bien qu'elle fût entourée de ses enfants, Berthe comprit qu'elle était bien seule ; nul cœur auquel elle pût s'ouvrir, car on ne confie pas ses peines à son enfant, on lui prend les siennes. ”
Source : Gutenberg

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