Camille Déa

Résumé

Camille Déa Les crimes de la rousse (1884)

Vous, enfin, qui ne me devez rien, vous veillez sur moi comme une mère veille sur son enfant. — Comment pourrai-je jamais reconnaître tant de pitié et tant de dévouement?
— Ne parlons pas de ça, chère Madame, tenez, regardez, je pleure de joie!! Je n'ai jamais été aussi heureuse qu'en ce moment!.. C'est agréable tout de même de faire le bien! — Vous tuer, vous, si belle et si bonne... Ah! jour de Dieu! Heureusement que nous sommes-là. — Venez, venez donc chez madame Baragne, venez vite ?
Et elle entraîna la pauvre Jeanne toute confuse de tant de dévouement et d'amitié.
Source : Gallica

Camille Déa Les crimes de la rousse (1884)

Non, Hélène, rien n'est changé ; rien, je me trompe ! J'étais seule jadis à crier vengeance ; nous sommes à deux maintenant... Hé quoi ! je laisserais vivre en paix deux êtres que j'abhore!! Hé quoi! n'est-ce donc rien que d'avoir pris à une femme sa beauté, sa jeunesse, sa candeur, d'avoir corrompu son âme, d'avoir desséché son cœur, de l'avoir initiée au crime, d'avoir vendu ses biens, d'avoir joué sa fortune dans les tripots et de l'avoir ensuite abandonnée enceinte et misérable, digne tout au plus de la
pitié des autres !
Source : Gallica

Camille Déa Les crimes de la rousse (1884)

Charles, ému par ses larmes, ne put résister plus longtemps; il se pencha vers sa maîtresse, et, la relevant :
— Hé bien, soit, je te pardonne, mais à la condition que tu te tiendras désormais tranquille et me laisseras faire à ma guise ; que tu ne t'occuperas ni de moi ni de Jeanne !
Oui, oui, répondit la Morello toute joyeuse, vous ferez ce que vous voudrez. — Je t'accorde tout ce que tu peux désirer pourvu que tu m'aimes encore, car, vois-tu, si tu devais cesser de m'aimer, je préférerais mourir... Je te jure que tu es le seul homme que j'aie jamais aimé.
Source : Gallica

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