Résumé

Portrait de Charles Du Bos Charles Du Bos La Nouvelle Revue Française

De cette vérité, dès la première Introduction, plus que quiconque Valéry a pris la mesure ; à tout moment son esprit se sait distinct de sa pensée, quelle qu’elle soit, — séparé d’elle par l’irréductible conscience ; mais comme à son Monsieur Teste, il a fallu à Valéry des années « pour mûrir ses inventions et pour en faire ses instincts » ; il a fallu tout le travail de la maturité pour que cette vérité — dont il avait jusqu’à l’ivresse savouré l’amertume — passât dans son style et en trempât définitivement le glaive.
Source : Wikisource

Portrait de Charles Du Bos Charles Du Bos La Nouvelle Revue Française

Le nihilisme de la pensée de Valéry, c’est le nihilisme d’une pensée devant laquelle toutes choses ne cessent de défiler, mais qui semble ne pouvoir prendre contact avec chacune d’elles que par l’opération même qui l’en détache. L’écho, la répercussion dans la conscience est instantanée ; et aussitôt la pensée éprouve qu’elle est différente, étrangère, qu’elle est toujours en plus : c’est la conscience même qui lui interdit à tout jamais de s’identifier à quoi que ce soit.
Source : Wikisource

Portrait de Charles Du Bos Charles Du Bos La Nouvelle Revue Française

Or, le changement de vitesse dans le style correspond la plupart du temps à une variation de point de vue, à une attitude mentale différente et il ne serait peut-être pas impossible de démêler en quoi consiste d’ordinaire la différence. Exactement elle marque un certain passage de la jeunesse de l’esprit à sa maturité. Jeune, l’esprit vit dans sa pensée ; mûri, il vit avec elle, et l’écart entre les deux modes d’existence est d’une portée incalculable. Dans la jeunesse, l’esprit est au centre de sa pensée comme l’araignée au centre de sa toile
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature