Résumé

Charles Lévêque Un médecin de l’âme chez les Grecs - Plutarque…

Plutarque s’efforce du moins de rallumer le foyer presque éteint de la vie municipale. Pour reconstituer l’action individuelle des provinces, il s’applique à en stimuler les causes, c’est-à-dire l’instinct national, qui palpitait encore, et la conscience morale, qu’il ne croyait pas impossible de ranimer.
De ces deux forces, la première est évidemment la plus énergique. Quand elle s’éteint, c’en est fait, l’âme d’un peuple est partie à jamais ; tant qu’elle dure, rien n’est perdu, un jour l’étincelle deviendra flamme.
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Charles Lévêque Un médecin de l’âme chez les Grecs - Plutarque…

Parmi les philosophes qui, depuis Socrate, ont enseigné la morale pratique, il n’a point d’égal. Avant lui, il y avait eu des médecins de l’âme, il y en avait encore de son temps ; mais nul n’a exercé ce noble ministère avec la même largeur, avec la même sûreté. Aucun autre n’a poursuivi comme lui pendant une longue existence le beau dessein de guérir une nation du mal de la décadence en allant réveiller au fond de l’âme humaine ses énergies morales engourdies. Plutarque a donc eu, selon nous, son originalité propre ; sur le terrain qu’il a choisi, c’est presqu’un homme de génie.
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Charles Lévêque Un médecin de l’âme chez les Grecs - Plutarque…

Qu’on blâme les excès tantôt agressifs, tantôt vains et ridicules du patriotisme, on a raison ; mais que deviendrait une nation qui n’aurait plus que des sentimens cosmopolites et des devoirs vagues ? Soyons citoyens de l’univers, comme le demandait le stoïcisme ; mais qu’en nous le citoyen de notre patrie ne meure pas. Ainsi l’entendait Plutarque. Admirateur enthousiaste des grands citoyens, il raconte leur vie et l’offre en exemple. Grec jusqu’à la passion, parfois jusqu’à la violence, il souffle à ceux qui l’entourent l’ardeur puissante de son patriotisme.
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