Résumé

D.-L. Gilbert Regnard, sa Vie et ses Écrits

Son rire ne ressemble à nul autre ; ce n’est pas le rire médité de Molière, le rire indécis de Destouches, le rire précieux de Marivaux, le rire mordant de Voltaire : c’est le rire franc et spontané d’un homme qui s’amuse évidemment le premier de ses folles inventions. On chercherait en vain le mot triste dans son théâtre ; pour Regnard, tout prête à rire, même les testamens, les notaires, et la mort ; la gaieté, coûte que coûte, est son trait propre et distinctif, on pourrait dire le démon de son esprit, car il la possède moins qu’il n’en est possédé.
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D.-L. Gilbert Regnard, sa Vie et ses Écrits

Regnard ne lui a pas même donné cette générosité accidentelle qu’on attribue au joueur heureux : quand il a de l’argent, il le garde ; il ne veut ni racheter le portrait de sa maîtresse, ni payer ses créanciers ou son serviteur ; il réserve tout pour sa seule passion, sa maîtresse véritable, le jeu ; et lorsque enfin il est abandonné de tous, même de son père, même de l’honnête et trop crédule Angélique, il ne regrette rien, ne s’excuse de rien, et finit par un mot qui est un dernier trait de son incurable caractère :
Le jeu l’acquittera des pertes de l’amour !
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D.-L. Gilbert Regnard, sa Vie et ses Écrits

Le théâtre de Regnard est moral, après tout, comme la vie même et comme le train de ce monde. Dans cette vie et dans ce monde, dans ce livre toujours ouvert et dans cette comédie qui toujours recommence, n’y a-t-il pas aussi bien des choses qui sont immorales par le fait, et qu’on n’y voudrait pas voir ? Qui oserait dire pourtant qu’il n’y faut pas regarder, ou qu’il faut rompre avec les hommes ?
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