Résumé

Edgar Saveney Mme Fortuni, Scènes et Récits des bords de la Mer-Noire

William, debout, appuyé sur le balcon de la terrasse, regardait la mer silencieuse. Les portes de la ville étaient fermées. Le long du quai désert, quelques marins dormaient au fond de leurs bateaux. Il se retourna enfin.
— Mais quelle femme êtes-vous donc, Antonia? dit-il ; que faites-vous là? Vous voyez bien qu’ils nous ont laissés seuls... Vous savez bien que je vais vous parler de mon amour!... Vous étiez libre de vous retirer, et cependant vous restez... C’est un jeu, un jeu cruel qui doit finir... Expliquez-vous!
— Permettez, dit Antonia; quel est ce ton furieux?
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Edgar Saveney Mme Fortuni, Scènes et Récits des bords de la Mer-Noire

Peut-être est-ce une femme... dont le cœur passionné a fatigué la jeunesse. Elle cherche le repos maintenant : elle veut épouser un honnête homme, et jeter un voile sur son passé. Je lui aurais dit : Voici ma main; tout ce qui a été n’existe plus; je ne vous demande compte que de l’avenir. Si vous le voulez, nous vivrons dans des pays lointains; si vous le préférez, nous retournerons à Londres. Mon nom couvrira tout, et personne n’aura le droit de trouver mauvais ce que William Spentley aura trouvé bon.
— Grand merci de vos suppositions! dit Antonia.
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Edgar Saveney Mme Fortuni, Scènes et Récits des bords de la Mer-Noire

Croyez-moi, monsieur Spentley, dit Antonia, ne restez pas à Varna. Retournez à votre régiment, ou bien obtenez d’aller en Crimée. Faites cela, je vous en prie. Votre séjour ici ne peut amener rien de bon, ni pour moi, ni pour vous. Quand vous serez loin, vous m’oublierez.
Spentley ne répliqua rien, mais il rentra chez lui, vivement ému. Tant d’agitation, direz-vous, pour quelques paroles si simples? C’est que les mots ne sont rien par eux-mêmes. William avait trouvé dans la voix d’Antonia des accens tendres qu’il ne lui connaissait pas.
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