Emmanuel Gonzalès,
Les proscrits de Sicile
(1865)
“ A ces mots, l'esprit de Judith s'illumina d'une lueur subite : elle aperçut l'image de Giovanni, pâle et morne, s'agiter comme dans un rêve sinistre, et la main de son amant, lourde et froide comme le marbre, s'appuyer sur son coeur. Elle pressa son front dans ses mains comme si elle n'eût pu en supporter le poids. — Je ne vous comprends pas, Excellence t — balbutiat-elle. Diodato la saisit par le bras. — Eh bien ! celui que vous aimez, Judith, celui dont vous vantez le courage, s'est conduit comme un lâche. ”
