“ En plaine, ils regardent comme le meilleur terrain celui qui n’est pas complètement plat et nivelé, mais qui offre une légère inclinaison ; sur les collines, celui qui s’élève doucement et mollement ; sur les montagnes, celui qui n’est ni trop haut ni escarpé, mais qui offre des bois et de l’herbe. ”
Campo
Définition et enjeux
Citations sur “campo”
Victor de Laprade,
Œuvres poétiques de Victor de Laprade
“ Quand ta plaine assombrie est en proie aux orages. Tu n’as que trop, aussi, d’infimes régions. Noirs marais dont chacun cache une hydre rampante ; Chemins à tous venant où la fange serpente, Et qu’en troupeaux impurs foulent les passions. ”
Jules Lemaître,
ABC : Petits Contes
“ La prairie est l’univers de la vache. La forêt est l’univers du lapin. Le village ou la ville est votre univers à vous, mes enfants ; et, quand vous serez grands, ce sera la France entière, avec ses mers, ses îles, ses colonies, et tout ce que vous saurez voir, et tout ce que vous saurez comprendre. ”
Laurence Sterne,
Vie et opinions de Tristram Shandy
“ Il faut que le sol de chaque vallée lui soit aussi connu qu’au laboureur qui la cultive, et qu’il soit en état, si le cas le requiert, de donner un plan exact de toutes les plaines et défilés, des forts, des collines, des bois et des marais, à travers lesquels son armée doit marcher. ”
Émile Souvestre,
Les réprouvés et les élus (t.1…
“ Entre la mer aux grèves sauvages et la montagne aux vallons arcadiens, s’étend la plaine unie, paisible, verdoyante, où les bois continuent les bois, où les prairies suivent les prairies, et qu’il faut traverser au galop des chevaux. ”
Émile de Laveleye,
Revue des Deux Mondes
“ Partout où l’agriculture est soignée, chaque champ a une certaine foi-me en rapport nécessaire avec la configuration du terrain et la disposition des lieux, forme qui lui communique une sorte de beauté et de perfection dont le paysan a l’intelligence et qu’il ne veut pas détruire. ”
Alfred Maury,
Revue des Deux Mondes
“ La plaine, voilà donc la vraie demeure de l’homme, celle qui lui assure la richesse, l’aisance et le progrès. C’est dans les pays plats, dans les vallées basses et ouvertes, que l’agriculteur trouve pour ses travaux le plus de facilité, qu’il obtient des récoltes plus abondantes, qu’il les voit moins exposées aux intempéries et aux catastrophes. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Oeuvres de Goethe. Tome 8
“ Si l’on se représente maintenant entre ces vastes et riches herbages, entre ces bois agréablement dispersés, tout ce pays, si fertile, parfaitement cultivé, verdoyant et mûrissant, les endroits les meilleurs et les plus riches marqués par des villages et des métairies, et cette grande plaine, à perte de vue, qui semble un nouveau paradis préparé pour les humains, bornée auprès et au loin par des montagnes, les unes cultivées, les autres boisées ; on comprendra le ravissement avec lequel je bénissais le sort qui m’avait assigné pour quelque temps une si belle résidence. ”
Jean Brunhes,
Revue des Deux Mondes
“ De même encore le champ ou le jardin, comme le troupeau et la bête attelée sont en étroite corrélation avec les conditions générales de latitude, d’altitude, d’orientation, de chaleur et d’humidité. La carrière ou la mine sont par excellence des faits localisés en rapport avec la structure même du sol. ”
Jules Michelet,
L'oiseau
(1867)
“ La prairie, le beau tapis vert de l'Angleterre et de l'Irlande, au délicat et fin gazon d'herbe toujours renouvelée, — non la rude bourre des steppes d'Asie, non l'épineuse et hostile végétation de l'Afrique, non le hérissement sauvage des savanes américaines, où la moindre plante est ligneuse, durement-arborescente,— la prairie européenne, par sa végétation éphémère et annuelle, ses humbles petites fleurs aux senteurs faibles et douces, a un caractère de jeunesse, et je dirai plus, d'innocence, qui s'harmonise à nos pensées et nous rafraîchit le coeur. ”
Marie-Anne de Bovet,
Veuvage blanc
(1930)
“ Dans la vaste plaine ondulée les cultures, très soignées, alternent avec les prairies et les pièces de luzerne, monotonie à peine rompue, de place en place, par quelque bouquet de bouleaux ou les lignes de grêles peupliers et de saules trapus ourlant les petits cours d’eau invisibles. ”
Jacques Delille,
L’Homme des champs
“ Dans quels lieux le ciel, mieux qu’au séjour des champs, Nous instruit-il d’exemple aux généreux penchans ? De bienfaits mutuels voyez vivre le monde. Ce champ nourrit le bœuf, et le bœuf le féconde ; L’arbre suce la terre, et ses rameaux flétris A leur sol maternel vont mêler leurs débris ; Les monts rendent leurs eaux à la terre arrosée ; L’onde rafraîchit l’air, l’air s’épanche en rosée : Tout donne et tout reçoit, tout jouit et tout sert. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Aventures de Pisistrate Caxton
“ Je parcourais du regard une plantation de jeunes arbres par où passait notre chemin, qui, après avoir traversé des prairies et des clairières et un verger de superbes arbres fruitiers, descendait en un vallon, puis remontait une colline ; car chaque inégalité de terrain avait été utilisée pour l’avantage du point de vue. ”
Victor Hugo,
Oeuvres complètes de Victor Hugo…
“ À leur approche, le chevrier poussait son troupeau dans une caverne, et le paysan désertait son village ; car l’habitant des plaines et des vallées est partout le même, il craint la trompe des bandits de même que le cor des archers. Ils traversèrent ainsi des collines et des forêts semées de rares bourgades, suivirent des routes sinueuses où l’on voyait plus de traces de bêtes fauves que de pas d’hommes, côtoyèrent des lagunes, franchirent des torrents, des ravins, des marais. Ordener ne connaissait aucun de ces lieux. ”
Hippolyte Taine,
Histoire de la Littérature Anglaise…
“ Il reste pourtant encore une de ses portions à explorer, la culture; du wagon, on en voit assez déjà pour la comprendre. Une prairie avec une haie, puis une autre prairie avec une autre haie, et ainsi de suite; parfois d'immenses carrés de raves; tout cela aligné, nettoyé, lisse; point de forêts, çà et là seulement un bouquet d'arbres: la campagne est un large potager, une fabrique d'herbe et de viande; rien n'est laissé à la nature et au hasard; tout est calculé, aménagé, tourné vers le produit et le profit. Si vous regardez les paysans, vous ne trouvez pas non plus de vrais paysans ”
Richard Francis Burton,
Voyage aux grands lacs de l'Afrique orientale
(1862)
“ Nous passons dans une plaine émaillée de gros villages, dont on aperçoit les toitures au-dessus de grandes haies d'euphorbe, villages entourés de champs de maïs, de manioc, de millet, de pastèques, de gourdes, et dont les nombreux troupeaux se rassemblent autour des mares. Les habitants sortent en foule de leurs demeures; vieux et .jeunes se coudoient pour mieux nous voir; l'homme quitte son métier, la jeune fille suspend son piochage, et nous tramons après nous une queue d'enfants et d'adultes qui piaillent, crient, hurlent sur tous les tons. ”
Évariste Huc,
Souvenirs d’un voyage dans la Tartarie…
“ Point de villes, point d’édifices, point d’arts, point d’industrie, point de culture, point de forêts ; toujours et partout c’est une prairie, quelquefois entrecoupée de lacs immenses, de fleuves majestueux, de hardies et imposantes montagnes ; quelquefois se déroulant en vastes et incommensurables plaines. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Si on n’étoit pas si pressé de jouir, je dirois à l’amateur : faites défoncer votre terrain à la profondeur de quatre pieds ; s’il est pauvre & maigre, enrichissez-le par des gazonnées de prairies, par des fumiers bien consommés, par des terres bien substantielles & qui aient du corps ; si ce terrain est trop compacte, ameublissez-le avec du sable, des plâtras, des balles de blé, d’orge, d’avoine, &c. ; enfin semez un noyau à la place que doit occuper l’arbre, & dans la fosse que vous lui destinez, & vous aurez un sujet que vous grefferez lorsqu’il en sera temps. ”
Charles Guyon, Histoire d’un annexé/Édition 1887
“ Dans un paysage charmant, au milieu de collines boisées, de plaines vertes, entrecoupées de ruisseaux, une profusion de villages, entourés d’arbres fruitiers, de champs, de vignes ; une agriculture prospère avec une industrie active. ”
Eugène Martin, Notre-Dame de Sion en Lorraine (1923)
“ Les prairies, que des réseaux de fils de fer partagent en parcs d'élevage, empiètent de plus en plus sur les cultures, comme si le sol n'était point propice aux céréales, comme si l'homme ne vivait plus de pain ! ”
Franz Schrader, Premières notions de géographie… (1910)
“ La terre ne s'élève pas toujours en collines ou en montagnes. Sortons du village. De tous les côtés, nous voyons des champs, ces beaux champs où l'on cultive le blé et l'avoine. Dans ces champs, nous voyons des cultivateurs qui labourent, qui sèment ou qui font la moisson. Voici, là-bas, des prairies toutes vertes où l'on met paître les bestiaux. Voici des forêts qui nous donnent du bois pour notre chauffage ou pour la charpente de nos maisons. A droite et à gauche, on aperçoit les villages voisins. La route que nous suivons s'allonge tout droit, loin, loin, sans monter ni descendre. ”
Arthur Young,
Voyages en France en 1787, 1788 et 1789
“ Le pays est tout en collines et en vallées; les collines sont très hautes, elles seraient chez nous des montagnes si elles étaient désertes et revêtues de bruyères; la culture, qui s'étend jusqu'au sommet, les amoindrit à l'oeil. ”
Marie-Anne de Bovet,
Veuvage blanc
(1930)
“ La prairie aux horizons infinis où, pendant des milles et des milles, on galope sans rencontrer trace d’humanité. Parmi les herbes hautes comme ça, des troupeaux de dix, de vingt mille têtes, à l’état quasiment sauvage. ”
Jacques de Valserres, Confection du code rural (1850)
“ Commençons notre parallèle par une question qui préoccupe vivement les agronomes et les hommes d'État. On sait la fâcheuse influence que l'extrême division du sol exerce sur les labours et sur l'élevage. Avec une ferme composée de petites parcelles il n'y a de possible que la culture jardinière. Comment, sur un sol morcelé à l'infini, pourrait-on faire usage d'instruments perfectionnés et.se livrer en grand à la production des fourrages, à l'irrigation des prairies, à l'éducation lucrative du bétail? ”
Onésime Reclus,
France, Algérie et colonies
“ Mais tout ce qui n’est pas hameau, village, usine, scierie, prairie, culture, route, : rivière et ruisseau, porte une livrée sylvestre, plus ou moins verte selon la prédominance, la minorité, l’absence des sapins, des pins, des épicéas, des mélèzes. ”
Émile Verhaeren,
Les Villes tentaculaires, précédées des Campagnes hallucinées
“ Et ses fermes dont les pignons sont vermoulus, La plaine est morne et lasse et ne se défend plus, La plaine est morne et morte — et la ville la mange. Formidables et criminels, Les bras des machines hyperboliques, Fauchant les blés évangéliques, Ont effrayé le vieux semeur mélancolique Dont le geste semblait d’accord avec le ciel. L’orde fumée et ses haillons de suie Ont traversé le vent et l’ont sali : Un soleil pauvre et avili S’est comme usé en de la pluie. Et maintenant, où s’étageaient les maisons claires Et les vergers et les arbres allumés d’or, On aperçoit, à l’infini, du sud au nord, ”
Nicolas Martin, Poésies de N. Martin (1867)
“ L'avide agriculteur semble avec une règle Avoir tracé partout son monotone champ , Dans le but d'enfoncer partout le foc tranchant, Jaloux de transformer en terre qui rapporte Les ruisseaux où l'on boit, le sentier qui nous porte, Et méditant toujours de joindre à son terrain Quelque reste de bois, où viendra mieux le grain. ”
“ C’est la plaine, la plaine Immensément, à perdre haleine, Où circulent, dans les ornières, Parmi l’identité Des champs du deuil et de la pauvreté, Les désespoirs et les misères ; C’est la plaine, la plaine Que sillonnent des vols immenses D’oiseaux criant la mort En des houles de cieux au Nord ; C’est la plaine, la plaine Mate et longue comme la haine, La plaine et le pays sans fin D’un blanc soleil comme la faim, Où, sur le fleuve solitaire, Tourne aux remous toute la douleur de la terre. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Les endroits bas, quoiqu’ils ne soient pas en plaine, s’ils sont adossés contre une montagne, ou dominés par des collines sablonneuses & de terre légère ; les plaines que de grandes rivières traversent, ou qui sont environnées de coteaux élevés & étendus, sur-tout si les uns & les autres ont, à une certaine profondeur, des couches d’argile & de terre forte, offriront abondamment des sources à ceux qui les chercheront. ”
“ Chaque prairie avait sa physionomie particulière, grâce à ces menus détails, chers aux yeux qu’ils ont frappés depuis l’enfance, et qui constituent pour les êtres nés à la campagne, comme une vraie gamme de joie dans un paysage. ”
James Fenimore Cooper,
Ravensnest
“ Toutes les terres qui s’étendaient devant nous, les riches vallées couvertes d’herbes ondulantes, les collines, les bois, les montagnes éloignées, les vergers, les fermes, les granges, et tous les autres accessoires de la vie rurale qui appartenaient au sol, étaient ma propriété et l’étaient devenus sans un seul acte d’injustice envers un être humain. ”
“ Qu’une plaine, partagée en prés et en labours, en oseraies et en roseaux, soit près des bâtiments. Quelques collines seront privées d’arbres, afin de les utiliser. Pour les céréales, qui toutefois prospèrent mieux dans les plaines dont la terre est grasse et médiocrement sèche, que sur les pentes rapides. ”
Marie Maugeret,
La Science à travers les champs…
(1880)
“ Un bois, des champs, une prairie, une vaste mare où l'eau du ciel se mêle à celle d'une source voisine, et dans laquelle un rayon de soleil me montre une foule de petits êtres divers dont nous parlerons un jour, que nous faut-il de mieux, et que trouverions-nous de plus à cinquante lieues à la ronde? ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Mon agriculture consiste en une prairie et quelques moutons. La vérité, c’est que j’ai pris un goût passionné pour la vie que je mène à la campagne, mélange d’activité intellectuelle et de mouvement en plein air. ”
Eugène Laveille, Le Père De Smet
“ Suivez le cours des rivières, pénétrez dans l’intérieur du pays, vous voyez, d’un jour à l’autre, les forêts disparaître pour faire place à de beaux parcs, à de vastes prairies, avec des fermes et des granges remplies de blé, de riches troupeaux de bœufs et de moutons, de nombreuses bandes de chevaux. ”
Élisée Reclus,
L’Homme et la Terre
“ De même, telle lande sablonneuse, où çà et là se corrompaient des eaux noirâtres et où poussaient quelques touffes de bruyères, est devenue une campagne somptueuse dont le sol, savamment composé, produit les plus belles récoltes, que de toutes parts viennent admirer les agronomes. ”
René Bazin,
Revue des Deux Mondes
“ Les terres de labour nous rendent l’horizon. Un peu de temps, nous suivons un vallon encaissé, fait en corbeille longue, et plein d’arbres qui ne dépassent les bords que du sommet de leurs frondaisons, et, quand nous sortons de là, nous sommes devant une ferme de belle apparence, qui a ses étables à droite et, à gauche, ses hangars. ”
Alphonse Esquiros,
Revue des Deux Mondes
“ Des villages entiers s’élèvent sur un sol miné à 5 ou 600 mètres de profondeur; les femmes, les enfans, ont leur mari, leur père qui travaillent sous leurs pieds; les arbres se couronnent de fleurs et se chargent de fruits, sans se soucier des voies ténébreuses qui s’entrecroisent sous leurs racines. ”
Francis Jammes,
Clairières dans le ciel
“ Elle était descendue au bas de la prairie, et comme la prairie était toute fleurie... ”
Mary Mapes Dodge,
Les Patins d’argent
“ Au lieu des sentiers verts qu’on trouve ordinairement à la campagne, ce sont de verts canaux qui conduisent du champ à la grange, de la grange au jardin, du jardin à la ferme ou « polder », comme on appelle les fermes, lesquelles ne sont elles-mêmes que de grands lacs mis à sec autrefois par la pompe. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Faust
“ MÉPHISTOPHÉLÈS, à demi-voix. On parle, à ce que j’ai appris, non d’un fossé, mais d’une fosse. FAUST. Un marais se traîne le long des montagnes et infecte tout ce que nous avons acquis jusqu’à présent. Dessécher ce marais méphitique, ce serait le couronnement de nos travaux. J’offrirais de vastes plaines à des millions d’hommes pour qu’ils y vivent librement, sinon sûrement. Voici des champs verdoyants et fertiles ; hommes et troupeaux se reposent à leur aise sur la nouvelle terre, attachés par la ferme puissance des collines qu’ils élèvent par leurs travaux ardents. Un paradis sur terre ! ”
Joseph-François Michaud,
Correspondance d’Orient, 1830-1831
“ De vastes campagnes s’étendent vers la mer, les unes livrées à la culture, les autres sillonnées par des ravins profonds. On aperçoit de distance en distance des maisons avec des bouquets d’arbres, des villages avec leurs jardins et des plantations d’oliviers et de mûriers. ”
