Ernest Capendu

Résumé

Ernest Capendu,  Pour un baiser (1864)

“ Les mémoires sont le joujou de celui qui les écrit: on s'amuse avec son souvenir en le faisant courir de tous les côtés, comme un chat qui pelotte une boule de papier.
— Cependant — dit Robert — les mémoires sont une bonne chose ?
— Quand ils ne sont pas vrais, oui.
— Ah ! Williams.
— Mon cher, il faut l'avouer, il n'y a pas eu, il n'y a pas et il n'y aura jamais une existence humaine qui soit amusante et agréable d'un bout à l'autre ; l'ennui, le chagrin, les inquiétudes pénibles, occupent les sept huitièmes de la vie depuis la naissance jusqu'à la mort.
”
Source : Gallica

Ernest Capendu,  Pour un baiser (1864)

“ Don Paquo me regarda fixement et répéta sa phrase :
— Vous contestez, mylord, et voilà ce que je ne puis souffrir.
— Mais, encore une fois, — m'écriai-je, — je ne vous comprends pas.
— Je m'explique peut-être mal en français, mylord, — répondit mon imperturbable interlocuteur. — J'aurais dû, je le reconnais, employer le passé du verbe et non le présent, et dire : vous avez contesté.
— Ah ! — fis-je après quelques secondes de réflexion, — je crois deviner, monsieur le duc.
— Vous avez une réputation d'esprit que vous méritez, mylord.
”
Source : Gallica

Ernest Capendu,  Pour un baiser (1864)

“ Robert, qui préparait le punch en véritable artiste, avec une patience et une minutie au-dessus de tout éloge, Robert leva les yeux sur Williams, et sa physionomie exprima l'étonnement.
Williams sourit :
— Cela vous étonne de me voir aussi animé, moi l'Anglais spleenique, — dit le lord en secouant la tête. — Que voulez-vous, mon cher? Je sens encore et je suis heureux de sentir. D'ailleurs, quand je suis en Orient, je suis un autre homme. Je me retrempe sur la vieille terre asiatique. Cela est naturel, au reste : plus puissante est la nature, plus pur est le sentiment de la vie.
”
Source : Gallica

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