Jean-Baptiste Rosario Gonzalve de Nervo

Résumé

Jean-Baptiste Rosario Gonzalve de Nervo La duchesse de Puerto-Real : souvenirs d'un octogénaire (1884)

« Quand je vais par les rues avec ma mantille de tira (mantille fond de soie bordée d'une large bande de velours) je fais plus d'effet dans Séville qu'une grande dame avec son chapeau ou son bonnet, et alors, il n'y a pas d'yeux qui ne m'admirent, ni de cœur qui me résiste. »
Le cœur du duc était de ce nombre.
C'est en fouillant dans ces faubourgs, à Triana, dans un misérable petit bal de candil, un bal de chandelles, qu'il avait découvert la merveille, qui va être, sans le vouloir assurément, la cause de si grands événements.
Rosita (c'était son nom) était cigarrera.
Source : Gallica

Jean-Baptiste Rosario Gonzalve de Nervo La duchesse de Puerto-Real : souvenirs d'un octogénaire (1884)

Sous un vain et futile prétexte, il lui chercha querelle — de là, soufflets donnés par le spadassin, et combat à mort, — j'ai dit, bien à mort; car le lendemain, derrière le Retiro, un corps gisait à terre; c'était celui de Sandoval, percé au cœur par un affreux coup d'épée.
La vengeance du duc était complète, l'amant de sa femme, disait-il, était tué!
Cette mort fut pendant de longs jours l'occupation de tout Madrid, de toute la société surtout. — On devina facilement d'où venaient l'ordre et la vengeance, et
la situation du duc n'en devint que plus mauvaise.
Source : Gallica

Jean-Baptiste Rosario Gonzalve de Nervo La duchesse de Puerto-Real : souvenirs d'un octogénaire (1884)

Le Velazquez ainsi vendu disparut donc un jour du salon, sans que la duchesse en eût été prévenue. — Elle tenait à cette grande toile, comme on tient à un trésor qu'on possède seul ; elle demanda ce qu'était devenu son cher tableau, ce à quoi le duc avait répondu qu'il l'avait donné à revernir.
Hélas! il ne reparut jamais.
La duchesse, dès ce jour, commença à soupçonner quelque chose, mais, dans sa timidité habituelle et son inaltérable douceur qui lui faisait tout accepter pour tout oublier, elle ne dit un mot et ne put
que verser de pauvres larmes inutiles sur son cher Velazquez.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature