Résumé

Ferdinand Henaux Études historiques et littéraires sur le wallon

Or, avancer que nous ayons jamais parlé le flamand, c’est nous biffer d’un seul coup de la carte des peuples du monde ; c’est nous ôter notre langue, et nous confondre sans motif avec tous les peuples qui se plaisent à parler le tudesque ; en un mot, c’est nous réconcilier avec eux. Nous sommes trop bons fils pour renier ainsi nos ancêtres ; et comme ce César qui nous a fait tant de mal, nous aimons mieux être le premier sans la Germanie que de n’être rien avec elle.
Les Liégeois n’ont jamais parlé flamand, et nous tenons à honneur de prouver que nous sommes tout ce qu’il y a de plus wallon.
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Ferdinand Henaux Études historiques et littéraires sur le wallon

Pour nous, qui croyons que les barbares, nos ancêtres, n’ont pas été tout à fait exclus du privilége d’avoir des idées créatrices, nous sommes convaincu que cette loi et cette institution, comme le langage, ne doivent s’expliquer que par le peuple qui les a vus naître ; que Rome n’a pas le mot de l’histoire du monde et particulièrement de la nôtre ; qu’enfin, le wallon est bien un reste de cette nation éburonne que César a pu vaincre mais non détruire, et qui a pu tout perdre, hors ses bardes.
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Dans les classes un peu relevées, pour mettre du pittoresque dans la conversation, on fait souvent, mais en rougissant, marcher de front et la langue liégeoise et la langue française, soit qu’on aime à son insu à parler l’idiome national, soit que le français ne puisse offrir des équivalents de ce qui frappe subitement les sens. L’aristocratie, comme on doit le penser, ne veut pas se compromettre en faisant entendre par mégarde l’accent maternel : la recette la plus simple et la plus sûre, c’est de faire semblant de ne pas le connaître.
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