Résumé

G. Reynaud Revue des Deux Mondes

I De même que des faits en apparence fortuits, tels que la répartition des balles sur une cible, sont assujettis à des lois dont la science nous donne le secret, de même nous pensons que le hasard n’est pour rien dans le vol capricieux de l’oiseau ou dans la course vagabonde de la bête sauvage.
Le mobile qui détermine les actions de l’animal est l’instinct de conservation de l’individu et de l’espèce. L’animal est capable d’activité spontanée quand il est stimulé par le besoin : il est très rare qu’il accomplisse un acte qui n’ait pas un but utile immédiat.
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G. Reynaud Revue des Deux Mondes

Le cantonnement est en quelque sorte une condition d’existence. Tout animal qui, faute d’instinct, ou pour toute autre raison, essaie de s’y soustraire, est rapidement supprimé par la sélection naturelle : chassé par ses congénères auxquels il dispute la nourriture quotidienne, errant à l’aventure, sur un terrain inconnu parsemé d’embûches, il devient pour les ennemis de son espèce une proie facile.
L’instinct d’orientation qui permet à l’animal de retrouver son gîte et par suite ses habitudes, sa nourriture, la protection contre le danger, joue donc un rôle capital dans sa vie.
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C’est cette même question d’alimentation qui le tient dans une étroite dépendance à l’égard de l’homme : les animaux qui voyagent le mieux sont ceux qui sont incapables de trouver leur nourriture en route et pour lesquels le retour au colombier est une question de vie ou de mort. En revanche, le sens de l’orientation, dont l’importance est secondaire pour le ramier, est développé chez le pigeon voyageur aux dépens des autres aptitudes devenues inutiles. L’instinct d’orientation n’est autre chose que l’instinct de la conservation modifié par la sélection artificielle.
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