Résumé

Portrait de G. Valbert G. Valbert L’Angleterre et le canal de Suez

Faut-il admettre que l’Angleterre sort de la question d’Orient comme on quitte une maison en démolition ? Un grand bruit s’est fait entendre à l’extrémité de l’Europe ; c’était la politique anglaise qui déménageait. Elle avait senti la terre trembler à Constantinople, et elle transportait au Caire son établissement principal. Que sont devenues les neiges d’antan, et quel Anglais répéterait aujourd’hui la hautaine et célèbre déclaration de lord Palmerston : « Je refuse de discuter avec quiconque ne reconnaît pas comme un principe l’intégrité de l’empire turc ? »
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Si la France demande aujourd’hui à son gouvernement de n’avoir pas de nerfs et de marcher la sonde à la main, l’Angleterre, un peu fatiguée des homélies et des redites de l’école de Manchester, un peu confuse du rôle par trop effacé que les whigs lui ont fait jouer dans les affaires européennes, inquiète d’entendre dire partout qu’elle a fait abdication, l’Angleterre est revenue aux tories pour avoir un gouvernement qui sût oser et parler haut, et elle a vu dans l’achat des actions un coup de politique très habile et très hardi.
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Non moins inutiles qu’une horloge détraquée sont les moulins à vent qui tournent majestueusement dans l’air leurs longs bras, et que le meunier, faute d’avoir du blé à moudre, emploie à broyer du sable ou condamne à mâcher à vide. N’a-t-on jamais vu tourner à Constantinople des moulins a vent qui ne servaient à rien ? Il faut souhaiter que la France devienne résolument utilitaire, qu’elle fasse ce qu’on appelle à Berlin de la politique réaliste, qu’elle emploie son moulin à moudre de pur froment, qui lui donnera de bonne farine et de bon pain.
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