Résumé

Portrait de G. Valbert G. Valbert Les Relations de l'Allemagne et de la France

Dieu nous garde de demander à Guillaume Ier, empereur d’Allemagne, de se souvenir des obligations que jadis son ancêtre George-Guillaume, électeur de Brandebourg, put avoir à la France, — plus que toute autre chose en ce monde, la reconnaissance est sujette à prescription ; mais, puisque les Allemands se glorifient de leur probité intellectuelle, il est permis de leur demander de respecter toujours l’histoire. Il est beau de ne pas redouter un voisin fort, il est encore plus beau de n’avoir jamais peur de la vérité.
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Étranger aux véritables traditions de la France, cosmopolite par son éducation comme par ses sympathies et ses amitiés, l’empereur Napoléon III a fait tour à tour de la politique anglaise, de la politique italienne, de la politique polonaise, de la politique transatlantique, de la politique humanitaire et même de la politique prussienne ; il a fait trop rarement de la politique française, et jamais souverain n’a été plus mal récompensé de la peine qu’il s’était donnée pour avancer les affaires des autres.
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Il y avait assurément du calcul dans sa générosité, mais on ne peut nier qu’il n’y eût souvent de la générosité dans ses calculs, et il faut convenir que ce n’est pas ainsi qu’on entend la politique à Berlin. Cet idéaliste eut le tort de se croire plus habile que les habiles ; les occasions se sont présentées à lui, elles ne l’ont pas trouvé prêt, et c’est le seul crime que la fortune ne pardonne pas. À la France seule, il appartient de lui reprocher ses erreurs, dont l’Allemagne a su si bien profiler !
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