Guillaume Colletet, Le plaisir des champs, avec la vénerie… (1869)
“ Ainsi qu'un jeune enfant qui ayant dans la main L'oiseau qu'il a si cher, s'advise tout soudain Qu'esbranlant l'oesle au vent s'envole dans la nue Et s'oste de ses yeux d'une longue estendue ; En vain il crie et pleure, et en vain il le suit ; Car il ne peut en l'oer suivre l'oiseau qui fuit. Ainsi estoit de moy à qui fortune adverse Mit dessein et discours et songe à la renverse. Je commence à me plaindre et de souspirs tranchans J'emplis le ciel et l'aer et la terre et les champs, Si bien oultré d'amour ; ce peu durable songe Et le coeur et l'esprit et les veines me ronge. ”
