Résumé

Portrait de Gustave Droz Gustave Droz Un bal à l’Hôtel de Ville

J’ai vu aussi la plus jolie femme de Paris ; je l’ai vue en cent endroits, à la fois blonde ou brune, petite ou grande ; elle se tient au milieu du salon, sur une chaise, s’il est possible, pour qu’en tournant l’on puisse voir ses épaules. Quand tout le monde est assis on la voit se lever tout à coup pour serrer la main d’une amie qui passe, surtout lorsque l’amie est moins jolie qu’elle. Elle parle continuellement, mais on sent que ses paroles n’ont aucune importance, c’est comme une basse continue qui accompagne son regard.
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Portrait de Gustave Droz Gustave Droz Un bal à l’Hôtel de Ville

Toutes les femmes se regardent, se suivent de l’œil avec un sans gêne parfait. Dans la grande galerie surtout, où les femmes sont en espalier, on se regarde littéralement sous le nez. — Oh ! ma chère, cette grande galerie, quel rêve ! et quelle splendide hospitalité ! un orchestre étourdissant, logé dans la voûte à l’une des extrémités, jouait, lorsque nous sommes entrés, un quadrille de chasse, et tu n’as pas idée du spectacle qu’offrait cette foule s’agitant au milieu de toutes ces splendeurs.
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Portrait de Gustave Droz Gustave Droz Un bal à l’Hôtel de Ville

Elle est femme politique sans doute. Ses gestes sont saccadés ; hardiment, elle dégage ses épaules de son corsage, qui la gêne pourtant peu. Elle regarde les hommes en face, leur rit au nez sans façon, et, de temps en temps, un mot d’argot qu’elle a laissé dire devant elle se glisse dans sa conversation. Est-ce la maîtresse de ces gens aux moustaches noires ? On le croirait aux chuchotements confidentiels qu’ils échangent, aux rires bruyants et intimes qu’ils se lancent à bout portant en se regardant dans le blanc des yeux. Détrompez-vous, cette femme est la plus honnête du monde.
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