Henriette de Mannoury d’Ectot

Résumé

Henriette de Mannoury d’Ectot Les Cousines de la colonelle (1880)

Vois-tu, mon enfant, la pureté d’une femme est chose si précieuse qu’on ne doit point l’exposer légèrement ; tu ne sais pas ce que c’est que la vie, ni ce que signifient ces mots : union de l’homme et de la femme ; et moi, qui le sais, je dois prévenir ton inexpérience. Le vicomte, du reste, ne voudrait pas en abuser.
— Je l’aime, murmura celui-ci.
— Et moi, chère et bonne cousine, reprit Julia, je vais mettre vos scrupules à néant, en vous avouant ce que je n’ose vous dire, que mon bras à son cou, cachée contre son cœur !
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Henriette de Mannoury d’Ectot Les Cousines de la colonelle (1880)

Crois-moi, nous élèverons notre esprit au-dessus de ces mesquines questions de vanité, et nous ne demanderons à la vie que le bonheur auquel notre amour a droit.
— Et ta cousine Mme Briquart ?
— Qu’est-ce que fera Mme Briquart ? répondit celle-ci, qui rentrait.
— Je vais vous le dire, répondit Julia, s’avançant délibérément vers elle. Elle va se souvenir qu’elle est une femme intelligente, en tout supérieure au vulgaire, et nous dira : « Je ne vous approuve pas, mais je n’oserais vous blâmer non plus ».
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Henriette de Mannoury d’Ectot Les Cousines de la colonelle (1880)

Pauvre Don José ! Cette mort fut pour lui un rude coup, si dur qu’il ne l’eût peut-être pas supporté sans les soins délicats dont Julia sut l’entourer.
Les héritiers de la baronne ordonnèrent la vente de ce joli mobilier du boulevard Saint-Michel, et le général ne pouvait se faire à l’idée de voir disperser aux quatre vents ces bibelots, dont la plupart rappelaient les souvenirs d’une émotion, d’un incident, d’un rien, si vous voulez, mais d’un de ces riens qui deviennent immenses quand ils parlent de celui, de celle qui a aimé et qui reste en arrière, isolé, pour continuer l’étape de la vie.
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