Honoré de Balzac

Honoré de Balzac

Résumé

Portrait de Honoré de Balzac Honoré de Balzac Une ténébreuse affaire

Chaque fois qu’un des jumeaux se trouvait seul avec Laurence, il pouvait se croire exclusivement aimé. — « Il me semble alors qu’ils ne sont plus qu’un », disait la comtesse à l’abbé Goujet qui la questionnait sur l’état de son cœur. Le prêtre reconnut alors en elle un manque total de coquetterie. Laurence ne se croyait réellement pas aimée par deux hommes.
— Mais, chère petite, lui dit un soir madame d’Hauteserre dont le fils se mourait silencieusement d’amour pour Laurence, il faudra cependant bien choisir !
— Laissez-nous être heureux, répondit-elle. Dieu nous sauvera de nous-mêmes !
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Portrait de Honoré de Balzac Honoré de Balzac Une ténébreuse affaire

Ces onze arbres, il n’y en a que onze, sont toute la fortune des Simeuse, maintenant que Gondreville leur a été pris.
— La noblesse sera cent ans à se remettre des coups qu’on lui a portés ! dit lentement mademoiselle de Cinq-Cygne.
— Y a-t-il un mot d’ordre ? demanda Michu.
France et Charles ! pour les soldats. Laurence et Louis ! pour messieurs d’Hauteserre et de Simeuse. Mon Dieu ! les avoir revus hier pour la première fois depuis onze ans et les savoir en danger de mort aujourd’hui, et quelle mort !
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Portrait de Honoré de Balzac Honoré de Balzac Une ténébreuse affaire

Le premier avait quarante-cinq ans, il devait aimer la bonne chère et les femmes. Ces sortes d’hommes ont tous des passions qui les rendent esclaves de leur métier. Mais le jeune homme était sans passions et sans vices. S’il était espion, il appartenait à la diplomatie, et travaillait pour l’art pur. Il concevait, l’autre exécutait ; il était l’idée, l’autre était la forme.
— Nous devons être à Gondreville, ma bonne femme ? dit le jeune homme.
— On ne dit pas ici ma bonne femme, répondit Michu. Nous avons encore la simplicité de nous appeler citoyenne et citoyen, nous autres !
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