Jean-Aubert Loranger

Jean-Aubert Loranger

Résumé

Portrait de Jean-Aubert Loranger Jean-Aubert Loranger Le village

Alors, tendu de tout son être, l’illusion étant cette fois plus forte que lui, le père Lauzon n’en pouvant plus, un doigt crispé sur une dent du râteau, gonfla d’un seul coup ses poumons et lança à pleine gueule un PAN formidable.
C’était un matin où tout pouvait arriver : le chevreuil, tombant sur les genoux, s’écroula sans un soubresaut.
Pour la seconde fois, l’homme éprouva la secousse violente de tout son sang dans ses veines.
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Portrait de Jean-Aubert Loranger Jean-Aubert Loranger Le village

Mais, le père Tit’Charles, bien convaincu en dirigeant son bac dans la houle :
— C’est icitte, la place aux brochets.
La rivière s’arrondissait sur la digue comme un verre que les cailloux pulvérisaient plus bas, et le pêcheur sentait rebondir sous son embarcation une pression qui le soulevait par bonds inégaux.
— Quand on sait jeter son ancre, i’a pas de danger, pourvu qu’on se tienne.
Et le père Tit’Charles, cramponné d’une main à son siège et tenant haut son bambou de l’autre, semblait narguer son compagnon : « un pauvre pêcheur rien que bon pour prendre du crapet. »
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Portrait de Jean-Aubert Loranger Jean-Aubert Loranger Le village

Kenoche avait donc commencé par tirer du village tout ce qu’il put, pour ensuite, pousser plus loin, chez les voisins, sa randonnée de quêteux.
Il ne pouvait pas compter sur le village pour le faire vivre bien longtemps. Entre gens, d’un même village, on s’entr’aide, mais on ne se fait pas la charité. Et Kenoche, lui, n’était pas autre chose qu’un quêteux et qui ne savait faire que ça. Et puis, vous le savez bien, on aime toujours ça quand un quêteux vient de loin ; c’est plein d’intérêt quand on le fait jaser.
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