“ Dans l'intérieur d'un pays, la monnaie réelle peut ne pas être une nécessité; les billets de crédit, munis d'une garantie solide et avec des coupures suffisantes, y suppléeraient complètement : on a vu, en France, l'encaisse métallique de la Banque dépasser le montant des billets en circulation, le billet jouir d'une préférence, ce qui, sans être une preuve de prospérité, démontre que le billet peut remplacer la monnaie réelle par un accord tacite basé sur la confiance dans le gage qui la remplace ”
Résumé
La Crise monétaire en France, étude suivie d'un tableau général des monnaies d'or et d'argent fabriquées en France de 1795 à 1870 (octobre 1871) examine les enjeux financiers de la France après 1870, marquée par le paiement de 5 milliards à la Prusse. L’ouvrage, dont l’auteur reste inconnu, explore la circulation des billets de banque, la prime sur l’or, ainsi que l’impact de l’émission monétaire sous le Second Empire.
Il met en évidence la tension entre numéraire et crédit, illustrant comment la Banque de France a su équilibrer crise et prospérité. L’œuvre conclut par l’urgence d’une réforme économique pour surmonter les effets de cette crise, liée à une mobilisation excessive des capitaux.
Citations de La Crise monétaire en France, étude suivie d'un tableau général des monnaies d'or et d'argent fabriquées en France de 1795 à 1870… ()
“ A plus forte raison doit-on s'attendre, aujourd'hui, à voir se prolonger et s'accentuer une crise dont l'origine est une nécessité d'exportation de numéraire d'or, sans intérêts ni bénéfices, dans des délais aussi courts, et pour une valeur dont on ne trouve l'équivalent comme mobilisation de capital que dans une période de quinze années de prospérité financière et industrielle inouïe et exagérée. ”
“ Cette circulation est la conséquence de cette mobilisation de la fortune française qui a donné lieu sous le second empire à l'émission de quatre fois plus de monnaie d'or française qu'il n'en existait avant 1850. La circulation intérieure de l'or a augmenté, c'est vrai; mais la circulation des billets de banque aussi, dans une proportion considérable; et le commerce intérieur donne lieu surtout à une augmentation de billets et d'effets de commerce. Tout cela ne veut pas dire que la France ne soit pas assez riche pour payer 5 milliards à la Prusse ”
